Alimentation, activité physique et diabète

Alimentation, activité physique et diabète

En 2015, plus de 5% de la population était diabétique et le nombre de nouveaux cas continue d’augmenter chaque année. Cela représente plus de 3,3 millions de personnes qui suivent un traitement médicamenteux contre le diabète et ce traitement est parfois très lourd puisque, dans certains cas, il consiste en des injections d’insuline plusieurs fois par jour.

Pour 90% des malades, il s’agit d’un diabète de type 2. Parmi les facteurs de risque de ce diabète, il y a une part héréditaire mais il est surtout est indubitablement lié au mode de vie. En effet, il est évident que l’accroissement du nombre de cas de diabète est à mettre en parallèle direct avec l’augmentation du nombre de personnes en surpoids et obèses ainsi qu’avec la sédentarité croissante qui sévit depuis plusieurs décennies.

Ainsi de bonnes habitudes alimentaires et de l’exercice physique régulier sont les meilleures armes pour lutter contre ce que l’on a tendance à appeler « la maladie du siècle ». En effet, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de diabétiques est passé de 108 à 422 millions entre 1980 et 2014 !

En outre, une fois que la maladie est déclarée, la diététique et l’activité physique continueront d’être des alliés importants dans la prise en charge thérapeutique pour bien équilibrer son taux de sucre dans le sang et pour réduire le risque de développer les graves complications souvent induites par le diabète (maladies cardiaques, insuffisance rénale, atteinte des nerfs au niveau des yeux et des pieds qui peuvent mener à la cécité ou à l’amputation).

Vous vous demandez si votre mode de vie est assez sain et comment l’améliorer le cas échéant ? Nos interviews de professionnels du diabète et les témoignages de deux patients diabétiques vous aideront sans doute à y voir plus clair…

INTERVIEW DE MÉLANIE MERCIER, DIÉTÉTICIENNE-NUTRITIONNISTE EN RÉGION PARISIENNE

La prévention par l’alimentation peut-elle prévenir le risque de diabète ?

Cela dépend du type de diabète, car il y a deux types de diabète :

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui provoque peu à peu la destruction des îlots de Langherans, responsables de la production d’insuline. Cela provoque de fait des hyperglycémies. Le traitement consiste à se faire des injections d’insuline plusieurs fois par jour (ou à porter une pompe !) pour pallier ce manque. On ne peut pas vraiment proposer une prévention précise grâce à l’alimentation car les facteurs de risque sont en réalité méconnus. Il existe une prédisposition génétique (familiale) mais les autres causes sont mal connues. L’environnement aurait également un rôle (l’alimentation dans l’enfance, l’exposition à certains produits, etc…)

Le diabète de type 2 est dû à deux anomalies, responsables de l’hyperglycémie :

  • L’insuline agit mal (insulinorésistance) ;
  • Le pancréas fabrique de l’insuline mais pas assez, par rapport à la glycémie : c’est l’insulinopénie.

Il y a dans le diabète de type 2 une part d’hérédité forte. Il y a bel et bien des familles de diabétiques. La prévention à travers l’alimentation et l’exercice physique peut agir sur le risque de développer un diabète de type 2 mais, malheureusement, certaines personnes même très attentives à leur alimentation tout au long de leur vie peuvent développer un diabète de type 2, et inversement d’autres pourront très mal se nourrir toute leur vie et ne pas avoir de diabète… Cela dit, les personnes sportives, minces, ayant une alimentation saine et développant un diabète de type 2 ont bien plus rares que celles qui sont en surpoids et plutôt sédentaires.

Quel est le bon régime de prévention anti-diabète ?

La base est celle d’une alimentation équilibrée, recommandée en réalité pour tout le monde :

  • Des féculents à chaque repas mais en quantité adaptée à son activité. C’est-à-dire que si l’on n’est pas un grand sportif prêt à aller se dépenser intensément, la quantité de féculents recommandée est entre 100 et 150g par repas.
  • Il est bon de choisir des féculents à index glycémique bas, à savoir des féculents qui se digèrent très lentement et ne provoquent pas de pics de glycémie, comme :
    – Les légumes secs (lentilles, fèves, pois chiches, etc.),
    – Les féculents complets (riz complet ou sauvage, blé complet, épeautre, quinoa, etc.),
    – LIMITEZ EN REVANCHE le riz, le pain et les pâtes blancs (surtout trop cuits) à fort index glycémique.
  • Des légumes à chaque repas, mais attention : la pomme de terre est considérée comme un féculent ! Botaniquement c’est un légume, diététiquement parlant c’est un féculent. Quand on parle de légumes, il faut penser haricots verts, carottes, épinards, chou-fleur, brocolis, salade, radis, etc…
  • Limiter les apports en sucre et en matières grasses saturées car le surpoids est un facteur aggravant de risque de diabète.
  • Limiter les graisses saturées, transformées et les fritures, etc… en gros tout ce que l’on trouve dans les produits industriels.
  • Privilégier les matières grasses bonnes pour la santé :
    – l’huile d’olive, l’avocat,
    – Les noisettes, les noix, les amandes,
    – Les poissons gras.

Faut-il éliminer le sucre quand on a des antécédents de diabète dans sa famille ou que l’on est prédiabétique, afin de prévenir les risques de développer la maladie ?

Il n’est pas question de l’éliminer totalement mais l’attention portée sur la façon dont on consomme le sucre peut aider à prévenir le risque de développer la maladie et évidemment aider les patients déclarés à réguler leur taux de sucre dans le sang.

L’un des objectifs est d’éviter les pics de glycémie isolés dans la journée et, pour cela, il vaut mieux consommer des glucides au cours des repas car la montée de sucre dans le sang sera ralentie en étant « diluée » par l’ensemble des aliments du repas. En fait, le sucre se digère plus lentement quand il est consommé avec des matières grasses ou des protéines.

Même en prévention, et a fortiori sur des terrains à risque, il est bon d’éviter les forts pics de glycémie dans le sang car le diabète de type 2 commence souvent par une insulino-résistance, c’est-à-dire que le corps fabrique de l’insuline mais l’organisme ne s’en sert plus correctement. Du coup peu à peu le corps va réagir en secrétant toujours plus d’insuline pour tenter de compenser, jusqu’à épuiser le pancréas qui peut finir par ne plus fabriquer d’insuline. A ce moment-là, comme pour le diabète de type 1, le patient devra se faire plusieurs injections d’insuline par jour. C’est donc très important de limiter les pics de glycémie isolés qui sont très compliqués à gérer pour le corps.

Bien entendu, il faut quand même éviter les aliments uniquement sucrés comme les bonbons par exemple car, dans ce cas, les pics de glycémie sont quasiment immédiats.

Y a-t-il des sucres plus ou moins intéressants en alternative au sucre classique ?

  • Le miel a un index de glycémie très élevé, donc il fait monter la glycémie très rapidement dans le sang. Cependant, il a une saveur sucrée plus importante que le sucre classique donc on en mettra moins a priori.
  • Le sirop d’agave est intéressant car il contient plus de fructose ; or le fructose n’a pas d’incidence sur la glycémie et son pouvoir sucrant est assez élevé. Il ne faut pas en abuser cependant, car en excès, le fructose a également des conséquences sur la santé puisqu’il peut faire monter les triglycérides, or lorsque l’on est diabétique, on doit également faire attention au risque de maladies cardiaques puisque le diabète est un facteur aggravant de risques de maladies cardio-vasculaires.

Thé ? Café ? Avec ou sans sucre ?

Je conseille aux personnes qui ont un terrain à risque de diabète et aux personnes diabétiques évidemment de se déshabituer à boire son café ou son thé avec du sucre. Le sucre et les édulcorants sont addictifs. D’ailleurs souvent les gens qui aiment le thé et le café sucrés n’aiment pas vraiment le thé, ni le café, ce qu’ils apprécient, c’est la saveur sucrée. Il est bon de baisser progressivement les doses. Il faut savoir qu’en 3 semaines seulement, les papilles gustatives que l’on a sur la langue prennent de nouvelles habitudes. Ce n’est donc pas impossible en 3 semaines de réduire voire de supprimer le sucre consommé dans ses boissons chaudes.

On peut donc continuer à consommer des fruits ?

Tout à fait, et les fruits sont intéressants car ils contiennent des vita mines et des fibres. Cependant comme ils contiennent beaucoup de sucre, il faut se limiter à 3 portions par jour.Une portion correspond à 20g de glucides, ce qui équivaut par exemple à :

  • 1 pomme (150g)
  • 1 poire (150g)
  • 1 orange (150g)
  • 2 kiwis (150g)
  • 2 clémentines (150g)
  • 250g de fraises

Il faut faire attention à certains fruits qui ont une teneur en sucre plus importante comme les bananes, les cerises ou les figues notamment. On peut aussi en manger bien sûr, mais en plus petite quantité (100g).

Enfin, pour éviter les pics de glycémie, ainsi que le l’expliquais plus haut, on va éviter de les consommer en prise isolée, en dehors des repas.

Quel est le régime anti-diabète pour une personne qui a des antécédents familiaux mais qui n’a aucun problème de poids ?

En fait, c’est le même régime qui est à recommander. Même si l’on n’a pas besoin de faire attention à son poids (il faut veiller au tour abdominal) pour limiter le risque de diabète, il est bon de suivre ce régime car il va limiter les risques cardio-vasculaires, or les diabétiques ont un risque accru de développer des maladies cardio-vasculaires. On va donc privilégier les bonnes graisses et les diversifier avec :

  • Les omégas 9 que l’on trouve dans l’huile d’olive par exemple ;
  • Les omégas 3 que l’on trouve dans les poissons gras et les noix.

Y a-t-il des aliments anti-diabète « miraculeux » ?

Malheureusement pas… On entend souvent parler de la cannelle qui contient effectivement du chrome, or le chrome entre dans la fabrication de l’insuline. Cependant il faudrait en manger en quantité incalculable pour que cela ait un effet.

Il n’y pas d’aliments « miracle », c’est un ensemble de choses qui va faire que l’alimentation et par conséquent les glycémies seront équilibrées.

Une bonne alimentation est-elle un véritable outil thérapeutique pour les prédiabétiques et les malades du diabète ?

Oui, elle va permettre de faire réellement baisser le taux de sucre dans le sang, d’autant plus évidemment si on ajoute une activité physique.

En outre, des mesures hygiéno-diététiques saines vont aussi permettre, une fois que la maladie est déclarée, de réduire les risques de complications liées au diabète qui sont malheureusement nombreuses. Il y a les risques cardio-vasculaires dont j’ai parlé plus haut mais également les risques de neuropathies, c’est-à-dire une atteinte au niveau des nerfs qui peuvent abîmer très gravement les reins, les yeux et toucher également les pieds au point que le patient ne ressente plus la douleur et que s’il se blesse, les plaies s’infectent et que l’on doive amputer.

Ainsi, même pour les patients qui ont une vie très saine et qui pourtant ont des glycémies capricieuses, il est important de ne pas se décourager et de maintenir une alimentation équilibrée et une activité sportive régulière, car cela agit de façon bénéfique pour lutter contre les risques des complications de santé éventuelles.

En outre, il ne faut pas oublier d’apprendre à se détendre ! Le stress augmente la glycémie donc lorsque l’on vit mal sa maladie, que l’on est angoissé, on risque, alors même que l’on a une vie tout à fait saine, d’avoir des glycémies élevées.

Quand on est diabétique, une prise en charge par un nutritionniste ou un diététicien fait-elle automatiquement partie du parcours de soin des patients ?

Malheureusement ce n’est pas automatique et c’est bien dommage, car les personnes diabétiques peuvent vite se sentir perdues, d’autant qu’on voit tout et son contraire maintenant dans les médias sur les différents régimes alimentaires. Pour ces personnes qui ne savent plus trop comment équilibrer leur alimentation, cela peut être bien de faire un bilan avec un diététicien ou un nutritionniste. Cependant les consultations dans ces disciplines ne sont pas remboursées. Certaines complémentaires de santé les prennent en charge mais l’Assurance maladie ne le fait pas.

Il y a d’autres moyens d’obtenir des informations et de l’aide pour un suivi diététique, comme par exemple :

  • Le service Sophia de l’Assurance Maladie (dont 66 Millions d’Impatients avait parlé dans cet article) qui va mettre à disposition via un site internet, des brochures, des appels téléphoniques, un suivi de conseils sur de multiples questions pour les personnes diabétiques.
  • La Fédération française des diabétiques, dont le site internet notamment est très complet et qui vous orientera au besoin vers différents acteurs et structures qui aident les diabétiques à prendre soin de leur santé.
  • Les associations locales.
  • Les maisons du diabète.

Vous pourrez trouver dans ces structures, selon vos besoins, des groupes de paroles, des ateliers pratiques, des rencontres avec des diététiciens. Il est important de ne pas rester isolé dans ses doutes et d’aller chercher des réponses, des solutions pour se motiver.

INTERVIEW DE FRÉDÉRIC MOREAU, CHARGÉ DE DÉVELOPPEMENT AU SEIN DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DES DIABÉTIQUES ET RÉFÉRENT SUR LES QUESTIONS DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE

Depuis la sortie du décret sport-santé, Fréderic Moreau se réjouit que l’activité physique soit bel et bien reconnue comme une thérapeutique qui peut être mise sur le même plan que les thérapeutiques médicamenteuses. Selon lui, il est important que les personnes diabétiques, et les malades chroniques de façon générale, aient conscience que l’activité physique, non seulement prévient les risques de développer d’éventuelles complications, mais qu’il s’agit AUSSI d’une thérapeutique non médicamenteuse. Il est donc désormais très attendu que l’activité physique soit enfin intégrée dans le parcours de soin et que le récent concept de prescription d’activité physique s’accompagne de financements adaptés et pérennes puisque pour l’instant tout est très disparates et dépend localement des Agences Régionales de Santé (ARS) ou des communes le plus souvent.

66 Millions d’IMpatients : Pourquoi est-ce important de pratiquer une activité physique quand on est diabétique ?

Frédéric Moreau : Aujourd’hui on a suffisamment de recul pour dire que l’activité physique apporte de véritables bénéfices sur la prévention « tout public » contre le diabète mais également contre beaucoup d’autres maladies. L’activité physique est également bénéfique pour les pré-diabétiques qui peuvent éloigner ou retarder grâce à elle le risque de développer la maladie. Enfin elle est très importante lorsque l’on est diabétique puisque l’activité physique fait baisser le taux de sucre dans le sang, or c’est un taux de sucre dans le sang trop important (hyperglycémie) et récurent qui sera à l’origine de graves complications à terme puisque cela peut altérer très sérieusement les reins, les yeux et les nerfs, notamment au niveau des pieds. Il y a aussi d’autres bienfaits par exemple sur l’insulino-sensibilité, sur le risque d’accidents vasculaires qui est accru lorsque l’on est diabétique, mais aussi tout simplement sur le stress ou l’anxiété qui sont courants lorsque l’on est malade chronique. Bien évidemment cela suppose que l’activité physique soit pratiquée régulièrement.

La régularité de la pratique d’une activité physique est-elle importante ?

Tout à fait. Bouger un peu tous les jours fera baisser la glycémie et donc les doses d’insuline pour ceux qui sont insulino-dépendants et doivent s’injecter de l’insuline plusieurs fois par jour. Si on fait une activité physique même intense, seulement ponctuellement, sur le moment cela peut faire baisser la glycémie mais cela n’aura pas d’effet bénéfique à long terme. Il vaut mieux faire 3 petits footings de 15 minutes dans la semaine, qu’un seul d’une heure le week-end. En revanche, ce n’est pas une science exacte, chaque patient réagira différemment à un seuil ou une fréquence d’effort donné.

L’activité physique, est-ce forcément du sport ?

Non, bien sûr. Si vous marchez chaque jour une heure, c’est-à-dire 30 minutes pour aller travailler et le même temps pour rentrer le soir, cela a déjà des effets positifs sur votre capital santé.

Il faut bien différencier la sédentarité, l’activité physique et le sport. L’activité physique, comme nous le rappelons sur le site de la Fédération française des diabétiques, c’est l’ensemble des mouvements corporels qui entraîne une dépense énergétique au dessus du métabolisme de repos. Le sport vise davantage la performance et ce n’est pas forcément l’objectif, sauf pour ceux qui le désirent. Justement parce qu’elle est efficace et souvent moins décourageantes pour les patients (et pour ceux qui sont toujours en bonne santé !), on essaye vraiment de parler d’activité physique plutôt que de sport. Il y a de nombreuses situations quotidiennes très simples où l’on peut pratiquer une activité physique, par exemple (et vous le faites peut-être déjà sans le savoir !) :

  • Dans sa vie professionnelle, pour certaines professions comme les personnes qui travaillent dans le bâtiment.
  • Lors de ses déplacements du quotidien en marchant ou en faisant du vélo le plus possible, quitte à cumuler avec les transports en commun et descendre par exemple une station avant sa station habituelle.
  • Dans sa vie domestique en rangeant, en cuisinant, en faisant le ménage, etc.
  • Dans ses loisirs par le biais du bricolage, du jardinage, et de tous les sports bien évidemment.

Comment motiver les diabétiques qui craignent de bouger et de faire des hypoglycémies ? Si un diabétique décide de se remettre au sport, vaut-il mieux passer par des cours de sport adapté ?

Il y a un enjeu de connaissance de soi et de sa physiologie. Souvent il faut l’expérimenter et adapter les doses d’insuline avec son médecin traitant. C’est vrai que dès lors qu’un malade ne se sent pas autonome dans la gestion de sa glycémie avant, pendant et après l’effort, il peut être intéressant de se tourner vers des structures qui proposent une prise en charge spécifique pour les malades chroniques comme dans les réseaux sport-santé.

Cela dit, aujourd’hui la plupart des fédérations de sport classiques se mettent au sport-santé mais il peut y avoir des disparités dans la formation des éducateurs sportifs spécialisés sport-santé (lire également notre Interview d’Ariel Marchisio, éducatrice sportive sport-santé et bien-être). Il est nécessaire qu’ils mettent bien à jour leurs connaissances sur les spécificités de chaque pathologie et notamment du diabète pour ce qui nous préoccupe ici. C’est une prochaine étape à franchir et je pense que cela se fera petit à petit dans toutes les fédérations.

Enfin, si l’on se sent autonome, que l’on n’a pas de difficultés particulières à gérer sa glycémie dans le cadre de ses activités physiques, on peut aussi pratiquer une activité physique ou sportive dans un circuit classique. D’ailleurs, l’idée de l’activité physique adaptée est avant tout d’être un tremplin vers une autonomie afin que les personnes diabétiques rejoignent peu à peu les structures d’activités physiques ou sportives classiques.

Comment motiver une personne diabétique sédentaire à reprendre une activité physique?

Il y a effectivement toujours un enjeu motivationnel dans la reprise d’une activité physique qui est le même finalement lorsqu’on est malade et pour la population générale. Qu’est-ce qui permet de se mettre en mouvement dans une dynamique positive vis-à-vis de sa santé, que cela soit sur le plan de l’activité physique mais aussi de l’alimentation ? Difficile d’y répondre pour tout le monde. En revanche, au sein de la Fédération Française des Diabétiques, on accompagne les personnes diabétiques dans l’amélioration de leur qualité de vie, notamment au travers de rencontres en groupes. On a en effet constaté que les malades qui s’inséraient dans une dynamique collective étaient plus motivés. Donc que cela soit à travers les associations de patients, les structures de sports adaptés ou classiques, cela peut-être très bénéfique de se joindre à un groupe.

Pour que cela reste motivant, il faut aussi tester peut-être plusieurs types d’activités physiques car il est important que cela reste un plaisir et non une obligation.

Voici 3 organisations multisports qui proposent des programmes adaptés aux personnes diabétiques partout en France :
  • La fédération française Sport pour tous
  • La FFEPGV (Fédération Française d'Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire)
  • Le groupe associatif Siel Bleu
Les Agences régionales de santé (ARS) s’organisent également pour proposer une cartographie des structures sports-santé adaptés sur le territoire. On retiendra par exemple les sites :

CHIFFRES AND TIPS

Quelques chiffres et conseils glanés sur le site de la Fédération française des diabétiques et sur la brochure Activité physique : Les bénéfices pour mon diabète, où vous trouverez notamment un test pour savoir si vous bougez assez. On y découvre aussi comment gérer sa glycémie quand on pratique une activité physique et éviter les hypoglycémies.

Pratiquer une activité physique permet de :

  • Réduire d’environ 50% pour les pré-diabétiques, le risque de devenir diabétique à moyen terme (3 ans) et permet de façon générale de retarder la maladie ;
  • Faire baisser l’hémoglobine glyquée d’environ 0,7% chez les diabétiques qui pratiquent au moins 150 minutes d’activité physique hebdomadaire.

Les bénéfices d’une activité physique régulière sont nombreux :

  • Une meilleure maîtrise de la glycémie pour tous les diabétiques
  • Une aide au maintien ou à la perte de poids
  • Un entretien des fonctions osseuses, musculaires et articulaires
  • Une diminution du risque de maladies cardio-vasculaires et d’hypertension artérielle
  • Une diminution du risque de diabète de type 2
  • Une diminution du risque d’ostéoporose
  • Une diminution du stress et de l’anxiété
  • Une diminution du taux de mauvais cholestérol (LDL)
  • Une augmentation du taux de bon cholestérol (HDL)
  • Une meilleure oxygénation des muscles et des organes
  • Une meilleure résistance à la fatigue
  • Une amélioration de la qualité du sommeil (activité physique 4h avant le coucher)
  • Une augmentation de la confiance en soi et du bien-être

 

TÉMOIGNAGES DE PATIENTS DIABÉTIQUES SUR L’ALIMENTATION ET L’ACTIVITÉ PHYSIQUES

Annie, 58 ans, retraitée, diabétique de type 2 depuis l’âge de 52 ans.

J’ai découvert mon diabète en rentrant de vacances, alors que j’étais particulièrement fatiguée. J’ai donc fait une prise de sang qui a révélé que j’avais du diabète. Je ne m’y attendais pas, je n’avais aucun signe avant-coureur. Cela a été une surprise totale, d’autant que je suis quelqu’un qui ne mange jamais de sucre.

Dès le début, on m’a prescrit des médicaments oraux et j’ai suivi un régime strict pour essayer de « désucrer » mon organisme et également perdre un peu de poids car j’étais en surpoids. J’ai aussi pratiqué un peu de sport. Malheureusement, le traitement médicamenteux augmente au fur et à mesure que les années passent…

En fait, j’ai eu des problèmes de santé supplémentaires. Tout d’abord un accident qui m’a laissée alitée durant 3 mois et j’ai également des soucis de thyroïde. Enfin la ménopause s’est ajoutée à tout cela et perdre mon surpoids a été difficile. J’ai quand même tenu le régime anti-diabète. Je travaillais dans le monde médical et le diabète me faisait peur. Je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour équilibrer mes glycémies et éviter les complications. Finalement j’ai quand même perdu 10 kg mais la thyroïde me joue des mauvais tours et j’ai fini par tout reprendre.

Au début, le régime a consisté à éliminer le sucre et les féculents. C’était donc une diète glucidique totale pendant 15 jours. Mon alimentation était basée sur les légumes et les protéines. Peu à peu les glucides ont été réintroduits pour en mettre finalement une petite quantité chaque jour. Cela n’a pas été compliqué pour moi qui n’avait pas la dent sucrée et 6 ans après, je continue toujours à suivre ce régime. J’ajoute plus volontiers des féculents que des fruits ou des gâteaux, d’autant que cela m’aide aussi à ne pas faire d’hypoglycémies.

Côté activité physique, j’étais déjà sportive quand on m’a découvert mon diabète. Je faisais beaucoup de vélo et de marche, donc naturellement j’ai continué de pratiquer. J’avoue que l’hiver, quand il fait gris et froid, j’ai tendance à me renfermer chez moi mais l’été je bouge beaucoup car nous voyageons en camping-car dès que les beaux jours arrivent.

Malgré une hygiène de vie finalement assez saine, je vois mes doses de médicaments qui continuent d’augmenter et mes taux de glycémie sont loin d’être parfaits. J’avoue que c’est un peu décourageant et que je ne vois pas trop de différence dans mes examens de sang entre l’été où je bouge beaucoup et l’hiver où je suis plus casanière.

De fait, à l’hôpital, on m’a conseillé de suivre une activité physique adaptée pour les patients diabétiques. J’y vais toutes les semaines depuis 1 an. C’est vrai que mes pratiques sportives comme la marche ou le vélo sont individuelles et l’équipe soignante m’a recommandé de m’inscrire à une activité de groupe. Je reconnais que l’aspect social est agréable car l’an dernier j’ai eu un petit coup de blues à cause du diabète et le groupe m’a aidé à m’en sortir. Je faisais beaucoup d’hypoglycémies et je me renfermais. Je n’osais même plus prendre ma voiture mais c’est finalement passé ! En outre, l’intérêt de ces cours d’activité physique adaptée est que l’éducateur nous fait faire des exercices, des gestes auxquels je ne penserais pas forcément seule. J’apprends des choses et c’est intéressant de rencontrer d’autres personnes diabétiques. Cela dit, ce n’est pas ma seule activité physique de la semaine ! Je sors marcher et faire de longues promenades avec mon chien 3 ou 4 fois par semaine également.

Dans l’ensemble, je me sens plutôt en bonne santé. J’ai une bonne qualité de vie et le diabète ne me freine pas. Je voyage encore beaucoup par exemple et je m’occupe aussi beaucoup de mes petits enfants. Je suis parfois fatiguée mais à vrai dire je ne saurai pas dire si c’est à cause du diabète ou de la thyroïde.

Chantal, 68 ans, retraitée, diabétique de type 2 depuis 2004

J’ai appris mon diabète à la suite d’une simple prise de sang de routine. Peu à peu au cours des années, les doses de médicaments ont augmenté et je suis finalement passée aux injections d’insuline il y a 4 ans. Pour moi cette annonce de diabète n’était pas normale car j’ai une bonne hygiène de vie. En plus on a un jardin avec un potager et on mange nos légumes que je cuisine. C’est vrai que j’étais secrétaire, donc assise une grande partie de la journée, mais j’ai un tempérament actif ! Je faisais notamment de la randonnée, du vélo, du jardinage, etc…

Quand j’ai appris que le diabète s’installait, je me suis mise très vite au régime et j’ai perdu plus de 20 kg, car effectivement, j’étais plus forte à l’époque alors que pourtant je ne mangeais pas n’importe quoi. En outre je ne bois pas, je ne fume pas, donc j’avais quand même un mode de vie sain. J’essaye de limiter le plus possible le sucre et les graisses, mais à chaque visite à l’hôpital, les infirmières me précisent bien que je peux manger de tout tant que cela reste en quantité raisonnable.

Aujourd’hui mon poids est stable et je me sens mieux à la fois dans ma tête et dans mon corps. Je ne suis pas du genre à rester devant la télévision toute la journée mais évidemment cette perte de poids m’a permis d’être plus à l’aise pour faire des activités physiques. Or dès le début à l’hôpital, on m’a recommandé de bouger davantage. Depuis 7 ou 8 ans, je suis inscrite dans 2 associations sportives et je fais de la gymnastique 2 fois par semaine. Je suis même trésorière de l’une des associations ! En fait je mixe des pratiques classiques avec un cours d’activité physique adaptée pour les personnes diabétiques qui m’avait été conseillé à l’hôpital. Ce n’est pas toujours évident car j’ai des problèmes aux pieds, mais je me force à marcher et je m’aide de bâtons s’il le faut. Honnêtement, si je ne pouvais plus faire de sport, je me sentirais très mal. Cela atteindrait déjà mon moral car j’aime beaucoup le côté convivial des cours où je me rends et nous oublions nos soucis à chaque fois pendant les séances. Ensuite, malgré les douleurs, je ressens physiquement le besoin de bouger. C’est évident que cela me fait du bien. J’ai vraiment besoin de maintenir une qualité de vie la meilleure possible et le plus longtemps possible.

Aujourd’hui, j’arrive à un stade où mon pancréas ne fonctionne quasiment plus du tout. L’équipe soignante m’a bien expliqué que ce n’était pas dû au fait que j’avais une mauvaise hygiène de vie et que ce n’était pas de ma faute mais que c’était l’évolution de la maladie. J’avoue que ce constat est quand même assez décourageant, voire déprimant parfois. Cela dit, je ne suis pas prête à lâcher les efforts, ni sur l’alimentation, ni sur l’activité sportive car je sais pertinemment qu’ils sont une forme de soin au même titre que les médicaments.

Concernant l’alimentation, j’en profite pour parler de quelque chose qui m’agace un peu… Quand je suis invitée ou que je vais au restaurant avec des proches, j’entends toujours « Ah mais oui c’est vrai, toi tu es au régime ! », ce à quoi je réponds que non, je ne suis pas au régime et mes habitudes alimentaires sont en réalité celles que tout le monde devrait suivre !

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