Audioprothèse : comment diminuer le reste-à-charge ?

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A l’occasion de la journée nationale de l’audition, 66 Millions d’IMpatients fait le point sur les restes-à-charge qu’encourent les usagers qui souhaitent s’équiper d’appareils de correction auditive. Et sur les solutions qui existent afin de minimiser les montants à sortir de sa poche.

C’est un des postes de soins qui génère les plus lourds restes-à-charge pour les usagers. Les prothèses auditives sont prescrites par les médecins ORL et délivrées par les audioprothésistes. Ces dispositifs médicaux sont pris en charge par l’Assurance maladie sur la base d’un montant en totale déconnexion du prix auquel ils sont vendus.

Pour les patients âgés de moins de 20 ans ou atteints de cécité, les appareils de correction auditive sont remboursés à 60 % sur la base d'un tarif variant de 900 à 1 400 euros. Après 20 ans, ils sont pris en charge à hauteur de 60 % d’un tarif fixé à 199,71 euros. Pour les patients bénéficiant de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), les fournisseurs d’audioprothèses sont tenus de proposer des appareils dont le prix n’excède pas le forfait de remboursement (700 € par appareil ou 1 400 € pour les moins de 20 ans et pour les personnes atteintes de cécité).

Des tarifs plus élevés pour les moins de 20 ans

Selon une étude sur le marché de l’audioprothèse publiée en décembre dernier par la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnamts), « le prix moyen d’un appareil auditif [était] de 1 500 euros en 2015 ». Ce montant est sensiblement supérieur pour les jeunes de moins de 20 ans (1 760 euros par appareil). Pour les personnes âgées de 25 à 60 ans, il tourne autour de 1 550 euros pour diminuer après 60 ans à environ 1 495 euros.

« Chez les patients de moins de 20 ans, précise la Cnamts, on observe un effet très net du niveau de prise en charge par l’assurance maladie obligatoire sur les prix : très peu d’équipements sont facturés à moins de 1 300 euros (2 %) et on observe un pic au niveau du tarif réglementaire. Néanmoins, 68 % des prix pour les jeunes de moins de 20 ans sont supérieurs à la moyenne nationale ». Autrement dit, mieux les équipements sont remboursés, plus les audioprothésistes font payer cher leur prestation.

Avant intervention de la complémentaire santé, le reste à charge moyen en 2015, toujours selon la Cnamts, a atteint la somme de 2 279 €. Selon les chiffres publiés en avril 2016 par la Direction de la recherche, de l’évaluation, des études et des statistiques (Drees), le remboursement complémentaire moyen d’une paire d’audioprothèses s’est élevé en 2013 à 1 270 € en cas de couverture par un contrat collectif et à 800 € pour les personnes ayant souscrit un contrat individuel.

Plusieurs centaines d’euros d’économies sont possibles

Pour minimiser la facture, n’hésitez pas dans un premier temps à faire jouer la concurrence. Les audioprothésistes sont libres de leurs tarifs qui peuvent par conséquent varier de façon non négligeable d’un professionnel à l’autre. Dans un avis sur le secteur des audioprothèses, rendu en décembre, l’Autorité de la concurrence pointe des tarifs de 15 à 20% inférieurs à ceux du marché dans les chaînes d’optique qui se sont lancées assez récemment sur ce marché. Un constat confirmé dans une enquête menée par Le Mensuel de Rennes auprès d’une quinzaine d’audioprothésistes exerçant dans la capitale bretonne qui révèle que le tarif pour une même paire d’appareils vendue 2700 € chez Afflelou ou Optical Center passe à un montant de 3380 à 4180 € dans les chaînes d’audio (Audio 2000, Audition mutualiste, etc.) ou les indépendants.

Les usagers qui souhaitent diminuer leur reste-à-charge peuvent également décider de privilégier les réseaux de praticiens partenaires de certaines complémentaires santé qui proposent des tarifs négociés et donc normalement inférieurs à ceux du marché. Dans un article publié dans nos colonnes en novembre 2015, nous citions différentes plateformes, parmi lesquelles Santéclair, Itélis ou encore Sévéanne dont les partenaires pratiquent des tarifs moyens allant de 2000 à 2650 € pour une paire d’audioprothèses.

DES DÉPENSES EN FORTE AUGMENTATION
Les dépenses du secteur de l’audioprothèse ont augmenté de plus de 78 % entre 2006 et 2015, soit 6,6 % par an en moyenne selon la Cnamts. Cette croissance s’explique par l’augmentation importante du nombre d’appareils vendus. Population vieillissante oblige, les seniors sont de plus en plus nombreux. Ils sont également de plus en plus nombreux à s’équiper. « L’effet "recours" est prépondérant notamment pour les personnes de plus de 60 ans qui sont 37 % plus nombreuses à avoir recours à un appareil auditif en 2015 par rapport à 2006 ». Une hausse que l’Assurance maladie attribue à une meilleure détection des patients malentendants et une meilleure acceptation des audioprothèses par les usagers du fait de l’amélioration de la qualité des appareils commercialisés. De 2006 à 2015, les prix, quant à eux, ont peu évolué. « On observe même une tendance à la baisse sur les deux dernières années », conclut l’Assurance maladie.

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