Complémentaires santé : pourquoi sont-elles toujours plus chères ?

Complémentaires santé : pourquoi sont-elles toujours plus chères ?

Les organismes complémentaires ont récemment vu l’encadrement de leurs activités considérablement chamboulé. Comment ont-ils absorbé ces changements et dans quelle mesure ces derniers ont-ils affecté leurs assurés ? Enquête.

Généralisation de la complémentaire santé d’entreprise et modification du cahier des charges des contrats responsables… Le paysage de la couverture complémentaire santé a été profondément bouleversé au cours des trois dernières années. Ces changements ont eu d’importants impacts sur les garanties des assurés, leur reste-à-charge et in fine sur le montant de leurs cotisations.

66 Millions d’IMpatients s’est penché sur le sujet. Pour ce faire, nous avons notamment adressé un questionnaire détaillé à 15 organismes complémentaires parmi les plus importants (5 mutuelles, 5 assureurs privés et 5 institutions de prévoyance, voir encadré ci-dessous).

Plongée au cœur des finances des complémentaires

Seuls Covéa, Malakoff-Médéric et le Centre technique des institutions de prévoyance (pour l’ensemble de cette famille d’organismes complémentaires) ont accepté de nous recevoir pour répondre à nos questions. Les autres organismes ont préféré ne pas donner suite à nos demandes en dépit de nos relances. Pour la transparence, on repassera.

Pour cette enquête, nous nous sommes également procurés une étude interne de la Mutualité française sur la mise en œuvre des nouvelles règles des contrats responsables. Publiée en septembre 2017, cette enquête « a été menée par la Mutualité en octobre 2016 auprès de 34 mutuelles couvrant 15,3 millions de personnes pour évaluer l’impact de la réforme sur leur offre au 30 juin 2016 et recueillir des informations sur les difficultés rencontrées ».

15 complémentaires au banc d’essai

En mars 2017, nous avons adressé à 15 organismes complémentaires un questionnaire afin de mieux comprendre, poste de soins par poste de soins, de quelle manière les récentes réformes avaient impacté leur activité et notamment leurs niveaux de garanties ainsi que les cotisations facturées aux assurés.

Qu’en a-t-il été de l’évolution des dépenses de santé que ces mêmes organismes ont remboursées de 2014 à 2016 et du montant des cotisations appelées auprès de leurs assurés ? C’est une autre question qui leur a été soumise. Nous avons également interrogé ces organismes sur l’évolution de leurs frais de gestion liée aux différentes modifications intervenues dans le cahier des charges des contrats responsables.

Les trois familles de complémentaires santé ont été interrogées :

  • Parmi les mutuelles : Covéa (Maaf, MMA, GMF), Harmonie Mutuelles, Istya (MGEN), Macif et Mutuelle générale
  • Parmi les assureurs privés : ACM (Crédit mutuel), Allianz, Axa, Groupama et Pacifica (Crédit Agricole)
  • Parmi les institutions de prévoyance : AG2R, Humanis, Malakoff-Médéric, Pro BTP et Reunica
Le point sur la prise en charge des soins en 2016

Près de 200 milliards d’euros… Tel est le montant que les Français ont dépensé pour se soigner en 2016, soit 2975 € par Français. Les soins hospitaliers représentent près de la moitié de ces dépenses (46,5%) suivis par les soins de ville (26,3%, soins dentaires compris), les médicaments (17,1 %) et les autres produits médicaux (7,6%, lunettes et audioprothèses notamment).

Au total, l’Assurance maladie a financé 77 % de ces dépenses, soit 152,8 milliards d’euros, et les complémentaires santé 13,3 %. « Le reste à charge des ménages en santé, indique la Direction de la recherche des études de l’évaluation et des statistiques (Drees) dans l’édition 2017 de son bilan des dépenses de santé en France, qui atteignait 9,2 % en 2011, diminue depuis lors pour s’élever à 8,3 % des dépenses de santé en 2016 ».

Voilà pour la vision macro du financement de nos dépenses de santé. Dans le détail, les différents niveaux de prise en charge par l’Assurance maladie obligatoire présentent une grande hétérogénéité selon les postes de soins dont il est question. Si l’hospitalisation reste largement couverte par la solidarité nationale, il en va en effet tout autrement des soins dentaires, de l’optique ou encore des dépenses liées aux audioprothèses que les Français assument en large majorité soit directement de leur poche, soit par l’intermédiaire de leurs complémentaires santé (voir le tableau ci-dessous).

 

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