Crèmes de protection solaire : les spécialistes de la consommation ont testé pour vous

Crèmes et protections solaires testées

L’UFC Que-Choisir et 60 millions de consommateurs publient dans leur édition estivale une batterie de tests sur plusieurs produits solaires commercialisés dans les linéaires des grandes surfaces et des pharmacies. Crèmes solaires et vêtements anti-UV, focus sur les produits qui ont retenu l’attention de nos confrères.

« Une protection solaire optimale doit associer vêtement et crème solaire. C’est pourquoi, « 60 » vous propose un dossier complet incluant trois essais comparatifs. Les deux premiers sont consacrés aux crèmes solaires adultes d’une part et enfants d’autre part. Le troisième volet s’intéresse aux vêtements pour enfants spécialement conçus pour les protéger des UV, à la plage ou à la piscine ».

Ce dossier publié dans l’édition estivale du magazine 60 millions de consommateurs, nous l’avons consulté avec attention. Nous avons lu avec autant d’attention le dossier publié sur le même thème par le magazine Que-Choisir (dont l’association de consommateur éponyme est membre de France Assos Santé).

Les meilleures crèmes anti-solaires pour adultes

Au programme, donc, des tests visant à mesurer l’efficacité des combinaisons anti-UV et des crèmes solaires du marché. Ces dernières sont également passées sous les fourches caudines des évaluateurs des deux revues de consommation qui se sont intéressées à leur éventuelle toxicité.

Les tests menés par les évaluateurs de 60 millions conduisent la revue à recommander l’Eau thermale d’Avène très haute protection (spray 200 ml, 18,40 €). Le produit Mixa Brume solaire peau sensible (aérosol 200 ml, 13,55 €) est le meilleur choix du mensuel Que-Choisir parmi les crèmes adultes qui ont été testées.

L’essai de 60 millions, mené sur 10 produits, conclut à la cohérence du niveau de protection affiché par rapport à celui mesuré pour 9 d’entre eux. La revue Que-Choisir a quant à elle passé au crible 21 crèmes dont 4 « affichent des indices qui ne correspondent pas à leur effet réel ». Parmi elles, la revue écorche la crème Clarins dont le niveau de protection « n’est pas conforme à son annonce sur la protection UVB. Son facteur de protection solaire (FPS) a été mesuré à 19,7, son tube devrait alors afficher un facteur de 15 et non de 30 ».

Bonnet d’âne pour la marque Clarins !

Le spray solaire de la même marque testé par 60 millions de consommateurs est lui aussi pointé du doigt, avec un FPS affiché bien supérieur à ce que les analyses de la revue ont montré. Sur les 10 produits testés par le laboratoire d’essai du magazine, seulement 6 s’en sortent avec une note au-dessus de la moyenne.

Quant aux crèmes solaires spécifiquement dédiées aux enfants, 60 millions de consommateurs rappelle qu’« aucune recommandation officielle ne stipule qu’il faut choisir une crème solaire affichant la mention "enfants" pour protéger les bambins des rayons du soleil. C’est le niveau de protection – haute ou très haute protection en l’occurrence – qui doit guider le choix ». Autrement dit, avant le positionnement marketing du produit, c’est surtout le niveau de protection auquel les parents sont invités à s’intéresser.

C’est l’Eau thermale d’Avène très haute protection (spray 200 ml, 18,40 €) dans sa version enfant qui arrive première au palmarès de 60 millions des anti-solaires destinés aux bambins. Le produit Cien Sun Spray enfant 50 (spray 250 ml, 6,79 €) est celui qui s’en tire le plus honorablement parmi les essais menés par Que Choisir.

Les produits qu’il vaut mieux éviter

Les deux revues de consommation déconseillent l’achat de plusieurs anti-solaires du fait de leur inefficacité ou de leur composition. On notera que, là-encore, un produit de la marque Clarins se retrouve épinglé pour cause de revendications trop optimistes par rapport au niveau réel de protection solaire. Avis aux chimistes de ce grand nom de la cosmétique qui seraient bien inspirés de revoir leur copie.

Côté composition, l’UFC Que-Choisir et l’Institut national de la consommation (éditeur de 60 millions de consommateurs) ont vérifié la présence d’allergènes, de perturbateurs endocriniens ou encore de substances anti-inflammatoires (qui retardent l’apparition de coups de soleil alors même que l’estivant a commencé à cuire).

On se doute qu’en tirant ce fil, les évaluateurs des deux revues ont obtenu d’intéressants résultats. Du côté de 60 millions, on alerte sur trois produits (Bioderma, Lancaster et Garnier) déclassés dans l’essai car ils « contiennent des perturbateurs endocriniens potentiels à proscrire absolument ». La crème Hawaiian Tropic Silk Hydratation (perturbateurs endocriniens), Uriage Bariésun Lait (même cause, même punition) ou encore Clarins Crème solaire Sécurité (allergènes) comptent parmi les anti-solaires les moins « safe » de la sélection de Que-Choisir.

Les vêtements anti-UV au banc d’essai

« En matière de protection solaire, peut-on lire dans un essai de la revue Que-Choisir datant de 2014 (accessible en ligne pour les abonnés), l’éviction (ndlr : c’est-à-dire le fait de ne pas s’exposer au soleil en restant à l’ombre) devrait être le mot d’ordre lors des journées très ensoleillées. Mais en pratique et surtout chez les jeunes enfants actifs, c’est souvent mission impossible, car les activités estivales de plein air rendent l’exposition au soleil incontournable ».

Pour ces jeunes agités, il existe des vêtements spécialement conçus afin de filtrer les UV. Les deux revues ont testé une dizaine de références. Les résultats de ces essais montrent que les vêtements anti-UV sont globalement efficaces.

Attention, nombreux sont ceux qui perdent de leur efficacité à l’usage. Que-Choisir l’a pointé en 2014, 60 millions le constate à nouveau en 2017.

Pour ceux que de tels produits séduiraient (et ils le sont, séduisants, à condition de rester efficaces), « 60 » conseille la combinaisons Fedjoa (anti-UV et anti-sable Baghera, 38 €). Au rayon des t-shirts, c’est le produit de marque Mayoparasol (T-shirt dauphin surf gris, 34 €) qui affiche la meilleure efficacité de protection solaire, et ce dans la durée.

COMMENT BIEN CHOISIR UNE CRÈME SOLAIRE ?
Pour se faire une idée des meilleurs anti-solaires du marché, on conseille dans un premier temps de se procurer les résultats des essais de Que Choisir et 60 millions qui sont les seuls à fournir une évaluation indépendante et documentée de ces produits.
A défaut, il est recommandé de privilégier les crèmes, lotions et autres sprays qui affichent un FPS d’au moins 30. « Sinon, c’est comme un placebo », commente Claudine Blanchet-Bardon vice-présidente du Syndicat national des dermatologues-vénérologues, interrogée par 60 millions. En espérant ne pas tomber sur un produit dont les allégations de protection sont trompeuses, comme c’est le cas de certains parmi ceux testés par les deux revues.
A noter que le prix ne constitue pas un indicateur fiable pour aiguiller le consommateur vers un produit plutôt qu’un autre. On l’a vu avec les crèmes testées par 60 millions et Que-Choisir : certaines très chères obtiennent de mauvais résultats (c’est le cas notamment des produits Clarins), là où d’autres plus abordables peuvent afficher d’excellentes performances. Exemple avec le produit Cien de Lidl qui selon Que-Choisir réalise un sans faute à ses tests pour un prix au litre inférieur à 30 €.

La meilleure prévention reste encore l’éviction

Pour ce qui est de se fier à la composition, le conseil relève de la gageure tant la liste des produits composant ces crèmes est longue et indigeste. Les deux revues de consommation pointent quand même un certain nombre de molécules dont la présence devrait vous faire fuir. Exemple avec le propylparaben, le benzophenone-3, l’éthylhexyl méthoxycinnamate ou encore le cyclopentasiloxane, des perturbateurs endocriniens avérés ou soupçonnés dont il vaut mieux éviter de se tartiner la peau.

60 millions pointe également l’octocrylène, une substance allergisante utilisée comme filtre contre les rayonnements UV dans de nombreux produits. « Certaines crèmes solaires sont pourtant efficaces sans filtres UV préoccupants. Aux autres de suivre ce bon exemple… ».

Rappelons quand même, pour finir, que le meilleur moyen de se protéger du soleil – et de ses méfaits – reste l’éviction. Sur son site, Santé publique France recommande d’éviter « l’exposition entre 12h et 16h, porter un chapeau et des lunettes de soleil, appliquer [généreusement, ndlr] de la crème solaire toutes les 2 heures, protéger encore plus les enfants, particulièrement vulnérables. Pour toutes vos activités de plein air, que vous soyez dans votre jardin, à la terrasse d’un café, à la plage, à la montagne ou à la campagne, lorsque vous faites du sport ou tout simplement lorsque vous vous promenez… protégez-vous ! »

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