« Dossier Prise de RDV en ligne » – Prendre rendez-vous en ligne, et après ?

La prise de rendez-vous en ligne, et après ?

Plusieurs plateformes de prise de rendez-vous en ligne se sont récemment positionnées sur l’offre de nouveaux services. Dans leur ligne de mire, la possibilité de consulter un médecin à distance ou de stocker les informations médicales des utilisateurs en ligne.

Près d’un Français sur quatre, voire trois selon les chiffres qui circulent, ont déjà recouru à un service de prise de rendez-vous en ligne. Autant dire que la pratique est en passe d’entrer dans les mœurs. Certains acteurs n’ont pas l’intention d’en rester là et ont déjà annoncé leur intention de mettre en place de nouveaux services.

Les plateformes Doctolib et Docavenue semblent être celles dont l’appétit est le plus aiguisé. En juin, la première nous indiquait pourtant, en réponse à notre questionnaire (lire pour plus de précisions, notre article sur les plateformes à privilégier), ne pas souhaiter communiquer à propos de ses projets de développement.

La téléconsultation dans le viseur

La société Doctolib a fait volte-face fin septembre à l’occasion de l’inauguration de son « Health Tech Center », au cœur de Paris, en annonçant qu’elle allait proposer, à partir du 1er janvier 2019, un service de téléconsultation auprès des médecins utilisateurs de son site.

« Aujourd’hui, il n’y a que quelques milliers de téléconsultations qui sont effectuées chaque année… Tout reste à inventer », déclarait alors Stanislas Niox-Château cofondateur de Doctolib.

« Grâce à un questionnaire préalable, peut-on lire dans les colonnes du quotidien Le Monde, les cas nécessitant une présence physique du patient avec son médecin, devraient être écartés. Les autres se verront adresser un lien pour joindre un professionnel de santé en visioconférence. Au terme de la consultation, une ordonnance pourra être envoyée au patient via le site ».

Plusieurs plateformes sur les rangs

Cette annonce intervient quelques jours seulement après l’entrée en vigueur, le 15 septembre, du remboursement de la téléconsultation (sous certaines conditions, lire notre encadré à ce sujet, ci-dessous) par l’Assurance maladie dans les mêmes conditions qu’une consultation physique. Autant dire que le timing est bon !

Docavenue, propriété de Cégédim, une société qui édite des logiciels « métiers » à l’intention des médecins (gestion du dossier patient, aide à la prescription, etc.) ne cache pas non plus ses ambitions. Dans la réponse qu’elle nous a adressée, la plateforme annonce « le lancement dans les mois à venir d’une solution de télé et vidéo-consultation. Une avancée majeure pour le patient en matière d’accès aux professionnels de santé ».

L’outil sera accessible pour le patient via le site de la plateforme et permettra de choisir des créneaux avec des professionnels de santé ayant choisi cette offre. Les professionnels pourront proposer le paiement en ligne et seront en mesure d’éditer une feuille de soins électronique afin que le patient soit remboursé, précise Docavenue,

Bientôt un dossier médical virtuel

Docavenue prévoit par ailleurs le déploiement au 4ème trimestre 2018 d’un service de partage d’informations entre patients et professionnels de santé qui seront stockées dans un dossier médical virtuel accessible en quelques clics. A noter que seuls les médecins autorisés par le patient pourront également y accéder.

Ce dossier médical sera compatible avec le Dossier médical partagé (DMP) que le gouvernement entend généraliser d’ici au mois de novembre (lire à ce sujet notre encadré ci-dessous). Autrement dit, les données partagées entre un patient et son médecin via la plateforme Docavenue pourront être versées au DMP et ainsi le compléter.

« Cégédim a déjà implanté ce type de plateforme communicante entre professionnels de santé d’une même maison de santé pluridisciplinaire (regroupement de plusieurs professionnels de santé issus d’horizons divers, ndlr). Cet outil vise à favoriser l’échange de données patients pour un meilleur suivi. Plus de 400 MSP et centres de santé ont déjà choisi une de nos solutions ».

Keldoc « DMP compatible » en fin d’année

Keldoc, la plateforme de la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH), nous a quant à elle indiqué cet été que bientôt « le compte du patient fera office de carnet de santé en ligne par le simple fait qu’il aura accès à l’historique de ses rendez-vous pris et à venir ainsi qu’à un espace de stockage de documents médicaux diffusés par son médecin ou bien l’établissement dans lequel il aura effectué un séjour (lettre de sortie, pré-admission en ligne, etc.) ».

La plateforme prévoit que les informations stockées dans ses bases puissent également abonder le Dossier médical partagé (DMP) avant la fin de l’année. Chez Doctolib, il n’est en revanche pas question d’investir dans un tel projet. « Nous avons bien d’autres sujets pour continuer à transformer le système de santé », déclarait Stanislas Niox-Château en septembre, évoquant les collaborations entamées avec d’importants centres hospitaliers universitaires de France.

LA TÉLÉCONSULTATION REMBOURSÉE SOUS CONDITIONS
Depuis le 15 septembre, la téléconsutlation d’un médecin est prise en charge par l’Assurance maladie de la même manière que l’est une consultation physique à la condition que le professionnel de santé soit connu de son patient et qu’il l’ait vu au cours des 12 mois précédant la téléconsultation.
« A priori, explique l’Assurance maladie sur son site, toutes les situations médicales peuvent donner lieu à la téléconsultation. Cependant, cette proposition relève de la seule décision du médecin qui doit juger de la pertinence d’une prise en charge médicale à distance plutôt qu'en face à face ».
La consultation à distance peut être réalisée par le médecin traitant du patient, ou un spécialiste vers lequel ce dernier l’aurait orienté. La réglementation prévoit toutefois le remboursement de certaines téléconsultations de spécialistes (gynécologue, pédiatre et dermatologue notamment) quand bien même le patient n’est pas passé par la case médecin traitant.

DMP : BIENTÔT SUR VOS ÉCRANS ?
Il est actuellement testé dans neuf départements pilotes mais devrait (enfin) être généralisé à l’ensemble de la population, dès le mois de novembre a annoncé en septembre Emmanuel Macron lors de la présentation des grandes mesures de sa « stratégie nationale de transformation du système de santé ».
Dans les semaines à venir, les assurés recevront un courrier de l’Assurance maladie contenant un identifiant et un mot de passe. Pour créer votre dossier il vous suffira, muni de ces informations, d’aller vous-même sur le site Mon-DMP ou de vous faire accompagner dans cette ouverture de votre DMP en vous rendant dans votre CPAM ou encore chez votre pharmacien.
Le DMP est « gratuit et confidentiel, rappelle l’Assurance maladie. Il vous permet de partager les informations concernant votre santé (pathologies et allergies, résultats d’examens, comptes rendus d’hospitalisation, historique de remboursement, etc. ndlr) avec votre médecin traitant et tous les professionnels de santé qui vous prennent en charge, même à l’hôpital ».

Retrouvez les autres articles de notre Dossier sur les plateformes de prise de rendez-vous médicaux en ligne :

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