Fatigue, douleurs, troubles du sommeil… Et si c’était les dents ?

Fatigue, douleurs, troubles du sommeil… Et si ça provenait des dents

Votre médecin vous a-t-il déjà fait ouvrir la bouche pour regarder vos dents lors d’une osculation ? Non ? À vrai dire ce n’est pas très étonnant, car ainsi que le rappelle le docteur Gérard Dieuzaide, chirurgien-dentiste, posturologue et auteur de Et si ça venait des dents ?, les étudiants en médecine n’étudient les dents que durant quelques heures sur l’ensemble de leur cursus. L’inverse est également vrai, puisque les futurs chirurgiens-dentistes ne s’occupent la plupart du temps que des dents ou des gencives exclusivement. Pourtant, selon le docteur Dieuzaide, beaucoup de nos maux pourraient trouver leur origine dans notre bouche, notamment à cause de soins dentaires qui impliquent l’utilisation de matériaux pouvant nous causer du tort.

Sur la base de la lecture du livre du docteur Dieuzaide, nous avons demandé à 3 associations membres de France Assos Santé (Association Française du Syndrome de Fatigue Chronique, Fibromyalgie France et FibromyalgieSOS) ce qu’elles pensaient d’un probable lien de cause à effet entre les problèmes dentaires et les maladies pour lesquelles elles sont engagées et nous avons également fait un point d’actualité sur l’un des matériaux dentaires les plus controversés : le mercure.

PETIT TOUR D’HORIZON DU LIVRE DU DOCTEUR DIEUZAIDE : ET SI ÇA VENAIT DES DENTS ?

Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir ce que votre chirurgien-dentiste utilisait comme matériau pour vos amalgames, composites, couronnes, implants et autres prothèses venant combler nos dents gâtées ? 66 Millions d’IMpatients avait déjà parlé des perturbateurs endocriniens dans le cadre des soins dentaires à travers l’interview de Sylvie Babajko, directrice de recherche à l’INSERM et spécialiste du sujet. Le livre du docteur Dieuzaide permet de découvrir en détail la composition des différents matériaux utilisés pour soigner nos dents. Cependant, selon lui, les perturbateurs endocriniens sont loin d’être le seul danger quand on parle de soins dentaires…

Le cas du fluor… Le docteur Dieuzaide rappelle que le fluor à dose modérée peut effectivement améliorer l’état dentaire des populations mais qu’il a surtout été classé en 2010 parmi les 10 produits chimiques qui posent un problème majeur de santé publique par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ce fluor, dont on nous a tant vanté les mérites durant de nombreuses années et que l’on a donné aux enfants en pensant les protéger, serait donc nocif ? Là encore l’auteur nous explique pourquoi les autorités sanitaires sont peu à peu revenues sur l’utilisation du fluor devant l’accumulation d’études qui faisaient état de sa toxicité et plus particulièrement de sa neuro-toxicité.

Le fluor n’est pas le seul élément toxique auquel notre bouche, et notre santé en général, s’est trouvé exposée et dont on sait désormais qu’il est en réalité dangereux. C’est également le cas du mercure, trop largement utilisé durant de nombreuses années dans les amalgames dentaires. Il n’est en outre pas le seul des métaux lourds utilisés en soins dentaires malheureusement. Ainsi le chrome-nickel est encore utilisé dans la réalisation de certaines couronnes dentaires alors que le CIRC (Centre International de recherche sur le Cancer) considère que l’implantation de nickel est probablement cancérogène pour les humains. De la même façon, le béryllium qui a longtemps été utilisé pour les couronnes et les bridges est un cancérogène connu. Si son utilisation a été règlementée en 2002 en limitant sa présence dans les alliages, de nombreuses personnes portent encore d’anciennes prothèses surdosées. L’auteur parle aussi de l’alliage chrome-cobalt ou du titane, et au-delà de la toxicité de ces métaux, il pointe surtout le fait que tous participent à créer des courants galvaniques, comme un effet « pile » où la salive joue le rôle d’électrolyte, et également à créer un effet « antenne », particulièrement exacerbé depuis quelques années par un environnement électromagnétique qui ne cesse de croitre.

Bien entendu, l’auteur précise bien que nous ne sommes pas égaux en termes de sensibilité à tel ou tel produit chimique, élément métallique ou aux ondes électromagnétiques mais chez certains malades, selon lui, l’exposition à ces divers perturbateurs pourrait tout à fait expliquer des douleurs articulaires, musculaires, des maux de tête, des troubles du sommeil, de la fatigue chronique ou des problèmes de fibromyalgie. Chaque personne réagit différemment aux expositions diverses de son environnement, un peu comme c’est le cas pour les allergies, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le docteur Dieuzaide encourage les chirurgiens-dentistes à « tester » les divers matériaux qu’ils vont utiliser sur leurs patients par le biais notamment de la kinésiologie ou des tests d’amplitude des mouvements articulaires et d’envisager, le cas échéant, de retirer les matériaux qui s’avèrent délétères.

Le docteur Dieuzaide utilise également ces tests pour vérifier qu’il n’y a pas de problèmes d’occlusion dentaire, c’est-à-dire un manque d’ajustement lorsque l’on serre les dents et qu’elles entrent en contact, ce qui arrive très souvent au cours d’une journée puisque nous déglutissons 2500 fois par jour environ. Là encore, ce type de problème peut entraîner douleurs, fatigue, insomnie, acouphènes, migraines, vertiges, états dépressifs…

Interview du Docteur Gérard DIEUZAIDE, Chirurgien-dentiste et posturologue, auteur du livre Et si ça venait des dents ?

66 Millions d’IMpatients : Vous recommandez aux personnes souffrant de douleurs, de fatigue chronique, de migraines, etc. inexpliquées de se faire retirer les amalgames au mercure qu’elles pourraient avoir en bouche ?

Docteur Dieuzaide : Oui, selon moi, c’est la première chose à faire. Il y a deux raisons qui motivent mon point de vue : la première est l’effet électromagnétique généré par le métal contenu dans l’amalgame et la seconde est que le mercure est un métal lourd et toxique.

Pour ne pas faire de confusion, je précise qu’un amalgame est noir. Si on a rebouché une carie avec un matériau blanc, c’est un composite qui ne contient pas de mercure. En ville, on pose moins d’amalgame ces dernières années, mais dans les campagnes cela se fait encore beaucoup parce que c’est plus simple. Cela dit, depuis le 1er juillet 2018, la pose d’amalgame au mercure est interdite en France chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 15 ans.

Est-ce que tous les praticiens prennent les précautions nécessaires pour le retrait des amalgames au mercure si l’on décide de se les faire retirer ?

Malheureusement non. Je dirais que seuls les 4/5 des chirurgiens-dentistes prennent les précautions nécessaires au moment du retrait d’anciens amalgames. Pourtant, si l’on continue d’enseigner que le mercure n’est pas dangereux dans les amalgames dentaires, la faculté reconnaît quand même que lors du retrait d’anciens amalgames, il peut se dégager des vapeurs de mercure qui peuvent alors être effectivement toxiques. C’est pour cette raison que la faculté recommande de ne pas enlever les amalgames. Selon moi, c’est une erreur car avec des précautions simples, comme faire porter au patient un masque à charbon, isoler la dent avec une petite diguette reliée à l’aspirateur et utiliser beaucoup d’eau lors du soin notamment, on limite énormément les risques d’inhaler des vapeurs de mercure.

Bien évidemment, c’est difficile de vérifier si son dentiste est sensibilisé à cette question et prend bien les précautions nécessaires mais on peut poser la question au moment de prendre rendez-vous et peut-être que, petit à petit à force de voir les patients poser systématiquement cette question, les dentistes viendront tous à appliquer le protocole adapté au retrait des amalgames.

Dans votre livre, vous parlez également des composites et des prothèses qui peuvent contenir des perturbateurs endocriniens (PE) ?

Effectivement, et il faut savoir qu’il y a des fabricants qui désormais proposent des composites sans bisphénol par exemple. Je crois qu’il est important que les patients demandent à leur dentiste des composites sans bisphénol. Si le patient obtient le nom du composite que le dentiste compte poser, il peut lui-même aller vérifier ensuite sur internet s’il s’agit d’un composite sans bisphénol. C’est vraiment très important chez les enfants qui sont particulièrement sensibles aux PE.

Cela me semble vraiment incroyable, alors que l’on parle désormais beaucoup des PE, qu’on les mentionne si peu concernant les soins dentaires alors que les personnes qui ont en bouche des composites qui en contiennent les sucent tout au long de leur vie.

Vous-mêmes, en tant que praticien, pourquoi pratiquez-vous des tests de kinésiologie et d’amplitude des mouvements articulaires pour vérifier que vos patients n’ont pas une intolérance à des matériaux posés en bouche ?

D’abord je tiens à préciser que si l’on n’a aucun problème de santé particulier, pas de douleur ou de fatigue chronique notamment, il n’est pas utile de s’inquiéter par rapport aux composites ou aux prothèses que l’on porte. Mais lorsque l’on a des problèmes articulaires, que l’on dort mal, que l’on souffre de tendinites, de problèmes cervicaux, etc., je pense que tester les produits que l’on a dans la bouche, grâce à la kinésiologie et aux tests d’amplitudes des mouvements articulaires, est une piste à exploiter. Certains dentistes holistiques sont sensibles à cette démarche, mais c’est vrai qu’ils sont peu nombreux.

Ces tests peuvent aussi être pratiqués pour révéler un éventuel problème d’occlusion dentaire ?

Exactement. Le problème occlusal dentaire est quand même plus connu chez les dentistes que l’électro-sensibilité ou la chimio-sensibilité dont je parle dans le livre. Les médecins en revanche ont peu entendu parler de l’occlusion dentaire et des troubles que cela peut engendrer. Ils demandent rarement à un patient qui a des douleurs, des maux de tête ou des troubles du sommeil si leur apparition a correspondu à une période où il a eu des soins dentaires. Les patients eux-mêmes pensent d’autant moins à ce rapport possible de cause à effet.

On peut donc pratiquer seul un test très simple et plutôt spectaculaire quand il y a un problème. Il suffit de se mettre contre un mur, de rester bouche fermée et dents desserrées et de lever la jambe gauche devant soi, le plus haut possible. Puis on refait l’exercice en serrant les dents. Si on sent alors une faiblesse en levant toujours la jambe gauche, alors il est fort probable que l’on souffre d’un problème d’ajustement des contacts entre les dents.

Mercure dentaire : dangereux ou inoffensif ?

Dans son livre, le docteur Dieuzaide remet beaucoup en cause les amalgames dentaires qui contiennent du mercure. Il est vrai que cette question du mercure dentaire divise beaucoup. Le fait est quand même que tout le monde s’accorde à dire que l’échauffement provoqué lors du retrait d’un amalgame expose le patient et le dentiste à des vapeurs de mercure toxiques, que pour cette raison, un protocole précis doit être appliqué en cabinet pour retirer des amalgames et que les pouvoirs publics recommandent d’ailleurs plutôt d’éviter d’y toucher…

On ne sait plus trop à quel saint se vouer ! D’une part, on peut lire, dans un rapport de 2015 de l’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), que « les arguments épidémiologiques existants dans la littérature concernant la possibilité́ de risque pour la santé associée au port d’amalgames dentaires apparaissent faibles. Le SCENIHR conclut notamment que les amalgames sont des matériaux sûrs, à ce jour associés à un faible taux d’effets indésirables locaux et à aucune maladie systémique. ». Mais d’autre part, on trouve aussi des analyses, dans les textes des Nations Unis datant de 2017 relatifs à la Convention Minamata sur le mercure, indiquant qu’il faut « promouvoir l’utilisation de matériaux de restauration dentaire économiques et cliniquement efficaces qui ne contiennent pas de mercure » et « encourager les organisations professionnelles représentatives et les écoles de médecine dentaire à éduquer et former les professionnels du secteur dentaire et les étudiants à l’utilisation de matériaux de restauration dentaire sans mercure et à la promotion des meilleures pratiques de gestion ».

Toujours est-il que depuis le 1er juillet 2018, le parlement européen a interdit la pose d’amalgame au mercure chez les enfants de moins de 15 ans et chez les femmes enceintes ou allaitantes. Alors toxique ou inoffensif le mercure dentaire ?

L’AVIS DE L’ORDRE NATIONAL DES CHIRURGIENS-DENTISTES

Interview de Dominique CHAVE, Secrétaire générale et Présidente de la Commission de vigilance et des thérapeutiques de l'Ordre

66 Millions d’IMpatients : Quelle est la position de l’Ordre des Chirurgiens-dentistes au sujet du mercure dentaire en France ?

Dominique Chave : La récente décision du parlement européen d’interdire l’amalgame chez les enfants de moins de 15 ans et les femmes enceintes et allaitantes est une bonne décision et en France cela fait longtemps que l’on avait pris de l’avance sur le sujet en suivant le principe de précaution. On utilise de moins en moins l’amalgame en France et ce n’est pratiquement plus enseigné aux étudiants chirurgiens-dentistes aujourd’hui dans notre pays. Il arrive que dans certains cas, les amalgames soient plus recommandés que les composites, notamment pour les situations de poly-caries car il peut y avoir des infiltrations avec les composites. En outre la durée de vie d’un composite est moins longue que celle d’un amalgame.

J’en profite pour rappeler que c’est le même prix de se faire poser un composite ou un amalgame lorsque l’on soigne une carie, même si le protocole pour la pose d’un composite nécessite plus de précautions et donc de temps pour le praticien et que les matériaux pour le composite sont un peu plus chers.

Le vrai problème du mercure pour notre santé n’est pas tant celui causé par un amalgame en bouche que le mercure de manière générale dans notre environnement. En France, depuis longtemps, les cabinets dentaires sont tous équipés d’une aspiration spécifique qui permet de récupérer les amalgames afin de ne pas les laisser disparaître dans les canalisations puis dans la nature. De la même façon, on n’y pense pas, mais lorsque l’on inhume ou que l’on incinère une personne décédée qui a des amalgames en bouche sans les retirer avant, le mercure là aussi se retrouvera dans la nature. C’est la raison principale pour laquelle aujourd’hui certains pays remettent en cause l’utilisation du mercure dentaire, plus que son incidence directe en bouche dans un amalgame. En effet, l’alliage utilisé par les chirurgiens-dentistes contient notamment de l’argent qui neutralise le mercure. L’évaporation de mercure peut cependant avoir lieu quand on le « fraise », par exemple au moment où l’on veut retirer un amalgame. Le reste du temps, il y a très très peu d’évaporation de mercure. Il n’y a pas d’étude suffisamment précise qui indique que les amalgames en bouche entrainent des ingestions nocives de mercure. Il pourrait y avoir des évaporations de mercure par exemple si l’on boit des boissons très très chaudes mais nous n’en sommes même pas certains.

On pointe du doigt les amalgames au mercure dans le développement potentiel de maladies neurodégénératives, mais chez les chirurgiens-dentistes qui l’utilisent depuis plus de 150 ans et sont donc particulièrement exposés, il n’y a pas particulièrement plus de malades de Parkinson ou d’Alzheimer que dans le reste de la population.

Les composites sont-ils plus sûrs que les amalgames ?

C’est une question qui reste à trancher car certains composites contiennent des perturbateurs endocriniens et pourraient se révéler nocifs. Il faudrait faire pression pour que les fabricants de composites donnent la composition exacte de leur produit, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Le matériau le plus sûr, car il est apparemment inerte, est la céramique, ce que l’on appelle les inlays ou onlays. Malheureusement cela coûte plus cher et ce n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. L’or aussi est inerte, mais c’est cher également et esthétiquement ce n’est pas particulièrement ce que les gens préfèrent.

Faut-il s’inquiéter au moment du retrait d’un ancien amalgame ?

C’est effectivement le moment où l’évaporation de mercure peut avoir lieu. Les praticiens travaillent désormais, pour la plupart, avec une digue pour isoler la dent à soigner et prennent toutes les précautions nécessaires, ne serait-ce que parce qu’ils sont eux-mêmes éventuellement exposés.

J’ajouterais, et c’est même un message essentiel, que le meilleur moyen de se prémunir contre les éventuels effets délétères des amalgames au mercure ou de composites contenant des perturbateurs endocriniens est de ne pas avoir de caries et d’être vraiment attentif à son hygiène dentaire. Malheureusement en France, la prévention a du mal à être prise au sérieux. La brosse à dent et le fil dentaire ne sont pas toujours suffisamment utilisés.

L’AVIS DES ASSOCIATIONS DES PATIENTS

Jocelyne Lecable modératrice du forum, hôtesse téléphonique et animatrice des réunions sur Albi et Toulouse pour l’association FibromyalgieSOS

Il faut savoir que l’on a beaucoup de mal à diagnostiquer la fibromyalgie car beaucoup de médecins ignorent voire nient son existence. C’est vrai qu’il n’y a pas de marqueurs biologiques spécifiques qui permettent d’établir un diagnostic précis. Il existe simplement des questionnaires qui permettent d’orienter le diagnostic et malheureusement il y a tellement de symptômes que c’est parfois difficile à évaluer. Quant à l’origine de la maladie, il semble qu’il y ait plusieurs sources incriminées : le stress, une prédisposition, les vaccins, etc.… Et pour en venir aux dents spécifiquement, on a également identifié comme sources possibles les problèmes d’occlusion dentaire et l’intoxication aux métaux lourds dont le mercure dentaire. Nous avons assez fréquemment des témoignages de patients de l’association qui, suite à des soins importants au niveau des dents, ont vu leur état de santé général basculer vers les symptômes de fibromyalgie. Je parle en connaissance de cause car j’assure la permanence téléphonique de l’association depuis 6 ans et je reçois donc beaucoup de témoignages*. En ce qui me concerne, je me suis rendue compte qu’à chaque fois que je fais un soin dentaire, car il faut bien en faire quand c’est nécessaire, dans les 15 jours qui suivent, j’ai une crise de fibromyalgie qui se manifeste. Certains patients de l’association ont fait changer les matériaux qu’ils avaient en bouche et leur état de santé s’est amélioré mais il ne faut pas faire n’importe quoi, n’importe comment et avec n’importe qui. Il n’est d’ailleurs pas certain qu’il faille toucher d’anciens amalgames au mercure s’ils ne sont pas abîmés car c’est au moment du retrait que le risque d’évaporation est le plus important et que l’on risque de faire une crise. En outre, c’est également dangereux pour le dentiste qui respire ces vapeurs. C’est malheureusement difficile de trouver des chirurgiens-dentistes sensibles à ces questions et avec qui il sera facile d’en parler. À l’association nous en connaissons très peu. C’est un réel problème et en même temps on ne peut pas éviter de se faire soigner les dents quand c’est nécessaire. L’idéal est évidemment de ne pas avoir de caries…

(*) La permanence téléphonique est ouverte à tous, que l’on soit membre de l’association ou pas, au 0820 220 200.
C’est un numéro surtaxé mais les hôtesses de l’association rappellent immédiatement les appelants qui laissent leurs coordonnées, qu’ils appellent d’un fixe ou d’un portable.
De 10h à 12h et 14h à 19h du lundi au vendredi et de 10h à 12h le samedi.
Horaires de la permanence réduits durant l’été. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de FibromyalgieSOS.

Carole Robert, Présidente de Fibromyalgie France

Depuis 20 ans que l’association existe, nous nous sommes attachés dès le début à rechercher les validations scientifiques sur les questions de toxicité, et je parle de toutes les sources de toxicité, que cela soit les pesticides, les métaux lourds, les vaccins, etc… Nous avons été reçus deux fois par le directeur de l’Institut de Veille Sanitaire (INVS) dès 2003 et également par le directeur de la Direction Générale de la Santé (DGS). Nous avons ensemble beaucoup parlé de la piste toxique de façon générale, nous avons fait un courrier officiel sur le sujet. En outre, dans son rapport sur la fibromyalgie en 2007, l’Académie Nationale de Médecine avait demandé à ce que la piste environnementale soit évaluée. Cela n’a pas été fait immédiatement et c’est la raison pour laquelle, nous avons réclamé pendant 10 ans un rapport collectif de l’INSERM qui est enfin en cours. La piste environnementale fait partie du cahier des charges de ce rapport. Les chercheurs scientifiques de l’INSERM vont ainsi travailler sur la base de 2500 publications, toutes problématiques confondues, pour rendre un rapport en 2019. D’ici là, la position de l’association est que nous restons sur la réserve sur ces différentes questions de rapport de cause à effet entre les diverses sources de toxicité et la fibromyalgie. En ce qui concerne les métaux lourds et le mercure dentaire en particulier, pour l’instant nous n’avons pas de preuve établie qu’ils puissent être à l’origine de la fibromyalgie et nous ne savons pas ce que le rapport dira sur la question des amalgames spécifiquement. En attendant des preuves scientifiques validées, nous restons prudents sur les conseils à apporter aux malades, notamment concernant le retrait des amalgames, puisqu’il semble que cela soit au moment du retrait que l’on risque d’être particulièrement exposé à une intoxication au mercure. Nous avons la même position sur les autres pistes exploitées quant aux origines possibles de la fibromyalgie, que nous connaissons évidemment bien, comme l’électro-sensibilité, dont nous attendons également l’établissement de preuves scientifiques avant de nous prononcer officiellement.

Robert Schenk, Président de l’Association Française du Syndrome de Fatigue Chronique

Beaucoup de nos adhérents pensent que les métaux lourds, entre autres produits, sont nocifs pour l’organisme. Le fait est qu’il n’y a pas de publication qui mette en cause un lien de cause à effet entre les métaux lourds et le Syndrome de fatigue chronique (SFC). En revanche, tout ce qui concerne la sphère dentaire est pour nous excessivement importante dans la mesure où le SFC, bien que classé comme une maladie neurologique, semble plutôt relever de l'immunologie selon les recherches menées actuellement. De fait, il est nécessaire pour le SFC de ne pas trop solliciter son système immunitaire quand c'est possible et d’être donc attentif à toutes les sources d’infections possibles or le domaine dentaire en est une. Les infections vont rajouter de la fatigue aux personnes souffrant de SFC. Nous conseillons donc à nos adhérents de prendre grand soin de leurs dents (tartre, caries, etc.).

Sur la question des métaux lourds, en réalité nous sommes aussi dans une réponse immunitaire de l’organisme qui réagit « contre » un élément qui lui est extérieur, et ce faisant, aggrave les symptômes du SFC.

Quant à savoir si les métaux que nous avons en bouche provoquent un effet d’antenne et entraînent des problèmes d’électro-sensibilité, je suis personnellement un peu réservé car la taille d’un amalgame me semble trop petite. Peut-être lorsqu’il s’agit d’appareils dentaires avec des fils de 7 ou 8 cm peut-on se poser la question ? Cela dit, même si les chapitres sur l'électro-sensibilité et le chimio-sensibilité traités dans le livre du docteur Dieuzaide m’ont semblé un peu surprenants, ils m’ont également paru crédibles. D’ailleurs, au sein de l’association certains malades pensent que l’électro-sensibilité contribue à leur mauvais état de santé mais aucune publication ne permet à ce jour de l’affirmer.

vos commentaires

  •  Bonjour

    j’ai trois implants qui ont étais mal posés, je souffre d’une bouche très sèche la nuit,
    cela me réveille, depuis 4 ans je dors mal et je suis très fatigué.
    Une réponse à cette fatigue serais bénéfique.

    Répondre

  •  Merci pour cet article très intéressant. Effectivement la bouche et l’hygiène bucco-dentaire peuvent être à l’origine de nombreux maux. Faire un contrôle régulier chez votre dentiste est une bonne chose à faire.

    Répondre

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