Femmes enceintes et jeunes enfants : attention aux produits chimiques dans les cosmétiques et produits d’hygiène au quotidien

Femmes enceintes et jeunes enfants : attention aux produits chimiques dans les cosmétiques et produits d’hygiène au quotidien

Chaque jour, on utilise pour soi ou ses enfants, des produits cosmétiques ou d’hygiène qui contiennent des substances chimiques. Elles peuvent s’avérer irritantes, allergisantes voire cancérigènes ou être assimilées à des perturbateurs endocriniens qui par définition altèrent notre système hormonal, peuvent être responsables de troubles de la croissance, de la reproduction, du développement et sont de potentiels facteurs de risques pour diverses pathologies telles que certains cancers ou maladies neurodégénératives, le diabète, l’obésité, etc.

Bien entendu, les fabricants ne dépassent pas les doses réglementaires autorisées mais la fréquence d’exposition, qui est quotidienne pour certains produits comme le dentifrice ou le gel douche, au-delà de la quantité de substances chimiques à laquelle nous sommes exposés à chaque utilisation, peut interpeller sur le niveau de toxicité auquel nous sommes finalement confrontés.  C’est une question d’autant plus préoccupante quand cette exposition concerne les enfants dont l’organisme est en plein développement et particulièrement :

  • les plus petits dont la peau est fine et fragile ;
  • les bébés à naître dans le ventre de leur maman si elle est elle-même exposée à des contaminants chimiques, car la barrière du placenta ne suffit pas à les préserver de la pollution chimique ;
  • les enfants allaités si la maman est exposée à des contaminants chimiques qui peuvent passer à travers le lait maternel.

Voici quelques astuces pour reconnaître, limiter voire éviter les savons, shampoings, crèmes, lotions, maquillage, démaquillants, parfums, dentifrices, et autres produits de beauté et d’hygiène, dont certains sont plus à risque que d’autres et qui tous cumulés nous exposent à un cocktail de substances à consommer avec beaucoup de modération surtout pour les femmes enceintes ou allaitantes et chez les enfants en bas-âge.

QUELQUES SUBSTANCES À SURVEILLER DE PRÈS

Ce n’est pas évident de s’y retrouver dans la multitude d’ingrédients qui entrent dans la composition de certains produits mais si vous voyez ces ingrédients inscrits dans la liste de vos produits préférés, mieux vaut désormais passer votre chemin :

  • Les parabens : c’est un conservateur qui est considéré comme un perturbateur endocrinien.
    On les trouve dans de nombreux produits comme les laits et crèmes pour le corps, les shampoings, gels-douche, dentifrices, déodorants, fonds de teint, etc.

Ils sont tellement décriés que les fabricants mettent désormais en avant leurs produits qui n’en contiennent pas. Malheureusement, les parabens sont alors souvent remplacés par des produits tout aussi controversés comme la methylisothiazolinone (MIT).

Vous pouvez trouver des parabens sous ces dénominations : butylparaben, du propylparaben, du sodium butylparaben, du sodium propylparaben, du potassium butylparaben ou du potassium propylparaben.

  • Le sodium lauryl sulfate et l'ammonium lauryl sulfate : ce sont des tensio-actifs (c’est-à-dire des agents lavants qui permettent aux corps gras de la formule de bien se mélanger à l’eau contenue dans le produit) particulièrement irritants.
    On les trouve dans les shampoings, après-shampoings, gels-douche, dentifrices, etc.
  • La methylisothiazolinone (MIT) et methylchloroisothiazolinone (MCIT) : ce sont des conservateurs particulièrement allergisants qui ont même été récemment interdits dans les produits « sans rinçage ».
    On en trouve dans le maquillage, les produits solaires, les soins du corps, du visage, des cheveux, les produits d’hygiène dentaire, les produits solaires et même les produits destinés aux bébés et aux enfants.

Retrouvez la liste des molécules toxiques à éviter dans les produits cosmétiques, établie par QUE CHOISIR

ATTENTION À L’ALUMINIUM

Bien que l’on retrouve de l’aluminium à l’état naturel dans le cacao ou les épinards et que notre corps l’élimine en très grande partie, nous en consommons aujourd’hui beaucoup trop puisque l’on en retrouve également dans les additifs alimentaires, dans les aliments mis au contact de papier ou contenants en aluminium mais aussi dans de très nombreux cosmétiques comme les crèmes solaires, dentifrices, après-shampoings colorations capillaires, ou encore déodorants, particulièrement décriés.

En effet, le cas des déodorants est particulièrement préoccupant dans le cas où on l’utilise sur une peau rasée et donc un peu lésée, car les molécules d’aluminium risquent de pénétrer plus facilement à cet endroit. C’est pourquoi il est mis en cause comme facteur de risque du cancer du sein.

Cependant le cancer du sein n’est pas la seule pathologie qui pourrait être due à l’aluminium puisque l’on parle également de son implication dans la myofasciite à macrophages, certains problèmes neurologiques, l’autisme, l’ostéoporose, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), le syndrome de l’intestin irritable, etc.

ASTUCES SIMPLES ET RECOMMANDATIONS

  • Eviter les produits avec des listes d’ingrédients à rallonge ;
  • Eviter les produits parfumés, surtout avec des parfums qui n’ont aucune chance d’être naturels, tels que le parfum« crème brûlée » par exemple ;
  • Faites simple ! Utilisez, par exemple, une huile végétale sur un coton imbibé d’eau pour vous démaquiller ;
  • Utiliser de l’eau et du savon pour la toilette des bébés plutôt qu’une lotion ou des lingettes pré-imprégnées de lotion ;
  • Rincer quand même les produits dits « sans rinçage » pour vos enfants afin qu’ils soient le moins longtemps possible au contact de potentiels allergènes ou perturbateurs endocriniens ;
  • Eviter de mettre du parfum aux enfants, d’autant que les fabricants de parfum n’ont pas l’obligation d’indiquer les ingrédients sur l’emballage et qu’il y a souvent des allergènes dans la composition des parfums ;
  • Bannir les colorations capillaires pendant que l’on est enceinte car elles contiennent des substances souvent toxiques ou allergènes ;
  • N’abusez pas trop du vernis à ongles si vous êtes enceinte car ils renferment souvent du formaldéhyde et du toluène, qui peuvent dégager des vapeurs toxiques.
    Pour ces raisons, il est également sage de ne pas exposer son bébé à sa manucure hebdomadaire ;
  • Télécharger des applications mobiles comme YUKA qui permettent de scanner les code-barres des produits cosmétiques qui vous intéressent, leur attribuant un score plus ou moins bon selon que les produits contiennent ou pas des ingrédients controversés et proposant des alternatives meilleures pour la santé.

 

NATUREL NE VEUT PAS DIRE SANS DANGER ! Si vous avez envie de vous lancer dans l’élaboration de produits « maison » sachez que les huiles essentielles souvent utilisées dans ce cas peuvent parfois être très allergènes et que certaines causent des irritations. Il y a en outre des huiles essentielles contre-indiquées aux femmes enceintes. Renseignez-vous bien et testez celles retenues sur toute la famille avant des les utiliser dans vos shampoings ou lessives « maison ».

LES COSMÉTIQUES ET PRODUITS D’HYGIÈNE VENDUS EN PHARMACIE, CONÇUS POUR LES ENFANTS OU BIO, CONTIENNENT-ILS MOINS DE SUBSTANCES À RISQUES ?

Les ingrédients utilisés sont en général les mêmes que les produits vendus en grande surface.

En outre, certains produits spécifiquement conçus pour les enfants ne sont pas forcément dépourvus de ces substances controversées.

En revanche, dans le bio, la liste d’ingrédients est restreinte et la plupart des ingrédients délétères pour la santé ne sont pas autorisés. Les critères sont plus ou moins exigeants selon les labels biologiques qui sont tous gérés par des organismes indépendants.

En France, les organismes comme ECOCERT ou QUALITÉ FRANCE imposent aux fabricants pour obtenir le label que leurs produits soient exempts d’OGM, de nanoparticules, de parabens, de silicone, de parfums et de colorants de synthèse, d’ingrédients provenant d’animaux (sauf produits naturellement par eux comme le lait ou le miel), et de manière générale d’ingrédients issus de la pétrochimie.

Retrouvez notre série d’articles dans notre article introductif au dossier « Femmes enceintes et enfants en danger face aux produits chimiques du quotidien »

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