Infections vaginales : automédication et traitements

Autotest pour différencier une mycose d'une vaginose

Mycose et vaginose sont des maux que la plupart des femmes ont connu au moins une fois dans leur vie. Ce sont des infections courantes et souvent bénignes mais parfois très gênantes voire douloureuses et qui peuvent gâcher la vie des femmes lorsque ces infections sont récidivantes.

L’une des causes de ces infections est le dérèglement de la flore bactérienne vaginale, et les femmes qui ont du mal à la reconstituer vont alors souffrir de ces infections de façon répétée. Dans de tels cas, l’automédication, notamment pour la mycose dont les traitements sont en vente libre, est tentante et souvent efficiente, mais encore faut-il respecter quelques règles et pourquoi pas s’aider d’un tout nouveau type d’autotest vaginal pour différencier mycose et vaginose, autotest que 66 Millions a voulu étudier de plus près.

Interview du Docteur Falcone Herrnberger, gynécologue

Quelle est la différence entre une vaginose et une mycose ?

Ce sont toutes deux des infections vaginales dues :

  • pour  la mycose, à la prolifération de champignons (le plus souvent le candida albicans).
  • pour la vaginose, à la multiplication d’une bactérie (gardnerella vaginalis).

Ces champignons et bactéries sont naturellement présents chez la plupart des femmes sans que cela ne cause de troubles particuliers, mais lorsque, pour différentes raisons, la flore bactérienne est déséquilibrée, ces germes peuvent se multiplier et entraîner différents symptômes :

  • pour la mycose, des pertes vaginales blanches ainsi que des démangeaisons et des irritations au niveau de la vulve et du vagin qui peuvent s’avérer très douloureuses.
  • pour la vaginose, des pertes blanches ou grises, une odeur désagréable de « poisson pourri », parfois également des démangeaisons et des irritations.

Y a-t-il des profils de femmes plus facilement sujettes à chacune de ces infections ?

• La mycose est très courante chez la femme, à tous les âges de la vie, particulièrement  avant la ménopause. 

Les personnes diabétiques et les femmes enceintes sont plus facilement touchées car les champignons qui aiment tout particulièrement le sucre et les oestrogènes. 

Les mycoses sont la maladie de prédilection des femmes trop propres. Les champignons adorent l’humidité (comme dans la forêt !) et c’est la raison pour laquelle il ne faut pas se laver à l’intérieur du vagin, éviter les bains au bénéfice des douches, faire attention l’été à la mer ou à la piscine de bien se sécher et de ne pas rester avec son maillot de bain humide.

• La vaginose est plus rare et touche plus souvent la femme ménopausée qui a tendance, inversement, à souffrir de sécheresse vaginale. 

Pourquoi la flore bactérienne se déséquilibre-t-elle ?

Il peut y avoir de nombreuses raisons, telles que les changements hormonaux (comme ceux qui se produisent au cours des cycles menstruels), ou même le stress mais c’est aussi souvent suite à un traitement antibiotique. En effet, les antibiotiques dits « à large spectre » vont détruire toutes les bactéries, même les bonnes bactéries de notre flore vaginale qui aident à nous défendre contre les éléments pathogènes. Les femmes qui ont tendance à faire facilement des mycoses et doivent prendre un traitement antibiotique ont intérêt à prévenir leur médecin lors de la prescription, justement pour éviter ces antibiotiques à large spectre et leur préférer des antibiotiques qui ciblent la bactérie incriminée quand c’est possible. Si les antibiotiques à large spectre sont nécessaires, l’autre solution consiste à prescrire en même temps que les antibiotiques des ovules vaginaux pour prévenir le risque de mycose.

Comment reconstituer sa flore vaginale ?

Avec des probiotiques. Précisons que les probiotiques par voie orale sont efficaces pour reconstituer la flore digestive mais pour reconstituer la flore bactérienne vaginale, mieux vaut prendre les probiotiques par voie vaginale. Il en existe de différentes marques et sont en vente libre, sans nécessité d’une prescription médicale. En revanche, les probiotiques sont chers, non remboursés par l’Assurance Maladie et il faut également savoir qu’il faut environ 3 mois de traitement avant de voir sa flore vaginale reconstituée.

Quels sont les traitements ?

  • Concernant la mycose, les traitements sont en vente libre et l’automédication est une solution tout à fait envisageable. Une mycose se traite avec des crèmes locales et des capsules vaginales antifongiques de la famille des imidazolés (type Econazole, Lomexin). Il peut également être utile d’utiliser un savon intime alcalin car les mycoses ne se développent pas en milieu alcalin, mais l’usage de ce savon ne doit pas excéder une semaine pour ne pas favoriser ensuite l’apparition d’une vaginose qui se développe justement en terrain alcalin. 
    Les pharmaciens sont tout à fait compétents pour délivrer le traitement adéquat.
    Si les mycoses sont récidivantes, il faut alors penser aux traitements par probiotiques et attendre sans doute 3 mois de traitement avant de noter une amélioration.
  • Pour la vaginose, il faut consulter un médecin car le traitement nécessite la prescription d’un antibiotique. On choisira de préférence un antibiotique ciblé plutôt qu’un antibiotique à large spectre, pour éviter l’apparition d’une mycose. 

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L'AVIS DU DOCTEUR FALCONE
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Ce dispositif est bien pensé et utile pour les femmes qui se soignent en auto-médication à tort pour une mycose alors qu’elles souffrent d’une vaginose. Cela arrive en effet assez souvent, car les symptômes de ces maladies sont assez proches. L’élément qui peut permettre de faire facilement la différence entre les deux est la désagréable odeur de « poisson », caractéristique de la vaginose. Précisons que cela n’est pas grave de tenter le traitement en auto-médication pour une mycose alors que l’on a en réalité une vaginose, mais bien évidemment les symptômes ne disparaitront pas puisque pour traiter une vaginose, des antibiotiques sont nécessaires.
L’auto-diagnostic Hydralin Test est basé sur l’analyse du PH vaginal. En effet, une mycose ne se développera pas en milieu alcalin, du coup, si le test vire au vert et montre ainsi que le PH vaginal de la patiente est alcalin, cela élimine le risque de mycose. Il est alors possible que la patiente souffre bel et bien d’une vaginose, voire d’une autre infection vaginale beaucoup plus rare appelée Trichomonase. Dans ces cas-là, une consultation chez un médecin devient incontournable.
Le prix de l’autotest, autour de 10€, me semble raisonnable et la pertinence du test tout à fait justifiée dans un contexte où les délais pour obtenir un rendez-vous chez un gynécologue sont parfois très longs.
Bien entendu, ce n’est pas aussi précis qu’un prélèvement vaginal analysé en laboratoire, où l’on va effectuer une recherche bactérie par bactérie et qui sera en outre pris en charge par l’Assurance maladie.

L’auto-médication répétée pour les mycoses pose-t-elle un problème ?

Non, cela n’a pas lieu d’être inquiétant. Certaines femmes ont des mycoses chaque mois en fonction de leur cycle notamment et se traitent avec une capsule vaginale, même préventivement parfois (juste avant les règles, par exemple). 

Il faut aussi noter que les mycoses peuvent disparaître sans traitement si la flore retrouve naturellement son bon équilibre.

Je voudrais juste évoquer une mode déconcertante qui s’est propagée sur internet il y a quelques temps et conseillait comme remèdes aux mycoses d’appliquer du yaourt ou du citron dans le vagin. Evidemment, ce genre de « recettes » ne fait qu’accentuer les irritations, pouvant même entraîner des fissures vulvaires très douloureuses.

Ces infections sont-elles sexuellement transmissibles ?

Les vaginoses et les mycoses ne sont pas transmissibles sexuellement. Il n’y a pas de risque de transmission à son partenaire lors de rapports sexuels.

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