Les bougies d’intérieur sont-elles toxiques ?

D’après une étude du CRÉDOC, réalisée en 2009, plus de 9% des Français utilisent chaque jour du parfum d’ambiance ou des bougies parfumées, or depuis quelques mois, ces produits sont montrés du doigt car ils sont sources de pollution. Il est même question d’interdire certaines catégories de bougies d’intérieur.

Doit-on toutes les éliminer de nos tables, chambres et salons ? C’est la question que s’est posé 66 Millions d’Impatients.

De quoi est faite une bougie ?

Il existe 3 grandes familles de cire pour fabriquer les bougies, celle en paraffine, la cire d’abeille et les cires végétales, comme la cire de soja ou de palme.
La paraffine est un composant obtenu aujourd’hui en raffinerie à partir du pétrole, tandis que la cire d’abeille et les cires végétales sont naturelles.
Si l’argument du naturel retient votre attention, les bougies 100% en cire d’abeille, sans additif, ni parfum auront votre préférence, mais elles sont également les plus onéreuses. Attention cependant, les cires naturelles sont parfois mélangées avec de la paraffine, pour des raisons de coût (la paraffine est moins chère) mais aussi de tenue de la bougie.
Outre la base en cire, il se peut que les bougies contiennent des colorants ainsi que des additifs, plus ou moins naturels qui servent à solidifier la bougie ou à mieux fixer les parfums…
Les parfums justement sont un autre paramètre à prendre en compte. Il est tout à fait possible de parfumer une bougie avec des huiles essentielles, qui seront alors naturelles, mais leur prix est si élevé que la plupart des bougies parfumées contiennent plutôt des huiles parfumées, qui sont alors en réalité des parfums de synthèse. Notez que la cire d’abeille est naturellement odorante.
Enfin, il y a la mèche. Là encore, pour être tout à fait sûr de ce que vous faites brûler, préférez des mèches écologiques, 100% naturelles et qui n’auront subi aucun traitement.

Interview de Gilles Aymoz,
Chef du service Qualité de l’air, à l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME)

66 Millions d’Impatients : Comment savoir si certaines bougies sont plus toxiques que d’autres ?
Gilles Aymoz : Des études sont en cours mais au stade où nous en sommes, il est difficile de le déterminer. Ce qui est certain, c’est que même la bougie la plus naturelle est une source de pollution. Sans même prendre en considération la qualité des composants utilisés, le simple fait qu’une bougie se consume crée des émanations toxiques car la combustion d’une bougie est par définition incomplète. Prenez l’exemple d’un feu pour faire brûler feuilles ou bois dans son jardin. Ce sont des éléments 100% naturels, pourtant les émanations d’un tel feu sont toxiques. Pour faire simple, sachez que la fumée et l’odeur cachent forcément une pollution. 

Quels sont les polluants qui se dégagent d’une telle combustion ?
Particules, composés organiques volatils (COV) comme le benzène, ou le formaldéhyde… Malheureusement la liste peut s’avérer longue. On sait d’ores et déjà que ces polluants sont fortement préjudiciables dans le cas des maladies respiratoires particulièrement, comme l’asthme qui touche 25 à 30% de la population française, mais aussi dans le développement de certains cancers*.

Les bougies anti-tabac sont donc à proscrire ?
Elles masquent l’odeur du tabac mais sont à coup sûr une source de pollution supplémentaire. 

Y a-t-il un temps d’exposition à la combustion d’une bougie au-delà duquel il est avéré que cela représente un danger pour la santé ?
Dans le cadre de nos recherches, l’idée d’une recommandation sur le temps d’exposition est envisagée mais nous ne savons pas si nous allons pouvoir la mettre en place. Ce qui est certain, c’est qu’idéalement il ne faudrait PAS DU TOUT brûler de bougies. C’est certes un peu triste, mais c’est la réalité. Nous passons pratiquement 2/3 de notre temps dans des endroits clos, la qualité de l’air intérieur est donc essentielle. C’est d’ailleurs un véritable problème de santé publique, dont le coût annuel en France est estimé à 20 milliards d’euros. 

Est-ce que l’on peut réellement espérer améliorer la qualité de l’air intérieur en s’interdisant de brûler des bougies ?
Tout dépend de votre consommation, mais bien évidemment, il s’agit principalement de faire un peu d’efforts sur chacune des sources de pollution de l’air intérieur : faire vérifier sa chaudière, ses systèmes de ventilation, mieux choisir ses produits ménagers, son mobilier, les matériaux si l’on fait des travaux… C’est un tout, et le premier conseil à prodiguer est surtout de bien aérer nos intérieurs, de ne pas hésiter à ouvrir les fenêtres plusieurs minutes chaque jour, car la pollution extérieure est souvent moins importante que celle de nos habitats et locaux professionnels.

 

* L’ANSES (Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) a mis en évidence les dangers d’une exposition au formaldéhyde, présent dans de nombreux produits ménagers, mobiliers en panneaux de particules ou aggloméré, certains cosmétiques, matériels et fournitures de construction comme les peintures, les moquettes et les textiles. L’ANSES précise : « Les logements contribuent majoritairement à l’exposition au formaldéhyde dans les environnements intérieurs. Le risque d’irritations oculaires et respiratoires ne peut être écarté. ».
En outre, le CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer), a classé le formaldéhyde dans la liste des « cancérigènes certains ».

 

En savoir plus :

ADEME – Un air sain chez soi
CREDOC – Les Français et les risques sanitaires associés aux produits ménagers et de soins du corps

A lire également sur 66millionsdimpatients :

Saga « Maison-poison » : A l’attaque contre le formaldéhyde ! 

 

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