Les eaux de baignade sont-elles sûres ?

baignades et qualité des eaux

Que vous soyez plutôt des amateurs de bord de mer, ou que vous préfériez la campagne, l’été est propice à se baigner le long de nos côtes maritimes ou des rives de nos lacs ou rivières ! Mais peut-on se baigner n'importe où et les eaux dites "de baignade" sont-elles toutes régulièrement contrôlées ?

Pour nous aider à comprendre comment, par qui et à quel rythme sont effectués les contrôles des eaux de baignade en France, le Ministère en charge de la santé a mis à disposition un site internet destiné au grand public, sur lequel on trouve une carte interactive répertoriant les zones de baignade et indiquant le niveau de qualité de leurs eaux. Cliquez pour trouver votre plage ou rivière préférée et vérifier si vous pouvez vous y baigner en toute sécurité !

Les eaux de baignade sont recensées par les communes avant chaque début de la saison balnéaire. Le public peut donner son avis sur les zones à recenser grâce à un registre disponible en mairie. Le contrôle de la qualité de l'eau s'effectue alors dans le périmètre le plus fréquenté de l'ensemble de ces zones accessibles au public.  

Le contrôle de la qualité des eaux de baignade est organisé par les Agences régionales de santé (ARS) sur la base d'une réglementation établie par le ministère chargé de la santé et selon les directives européennes

Ce sont des agents de l'ARS elle-même ou bien de laboratoires agréés par le ministère qui sont en charge des prélèvements qui ont lieu 10 à 20 jours avant l'ouverture de la saison balnéaire (et tout au long de l'année pour les départements d'outre-mer) puis au moins une fois par mois durant la saison estivale.  

Les critères d'évaluation de la qualité de l'eau portent sur des analyses microbiologiques qui recherchent les Escherichia Coli et les entérocoques intestinaux, des germes témoins de contamination fécale. Une surveillance visuelle est également mise en place pour repérer d'éventuels déchets plastiques ou de verre ou encore des résidus goudronneux.

Pour en savoir plus, le bureau Qualité des eaux de la Direction générale de Santé a répondu à nos questions sur le sujet !

66 Millions d'IMpatients : En règle générale, la qualité des eaux de baignade en France est-elle bonne par rapport à nos voisins européens ? 

Le bureau Qualité des eaux de la Direction générale de Santé : La qualité des eaux de baignade s’améliore d’année en année. Le nombre de sites de baignades dont la qualité de l’eau est excellente est en augmentation, tandis que le nombre de sites de baignade dont la qualité de l’eau est insuffisante est en diminution. Ces résultats placent la France légèrement en-dessous de la moyenne européenne (96,3%). Cela s’explique notamment par le fait que la France représente à elle seule 16% (3359 sites de baignade) de l’ensemble des sites de baignade de l’Union européenne. La France est le second pays en nombre de baignades derrière l’Italie. Sur les 28 états membres de l’union européenne, 18 ont moins de 500 sites de baignade sur leur territoire. La diversité des sites de baignade est une autre spécificité de la France : nombreuses baignades en eau douce, baignades en eau de mer sur plusieurs surfaces maritimes (Manche, Atlantique, Méditerranée) et baignades dans des départements d’outre-mer.

Quels sont les principaux risques sanitaires concernant la baignade ? 

La présence de certains micro-organismes pathogènes d’origine fécale ou environnementale dans l’eau de baignade peut dégrader la qualité de l’eau et induire des risques pour la santé des baigneurs. Le principal risque est le risque infectieux pouvant être à l’origine de pathologies de la sphère ORL, de l’appareil digestif (gastro-entérite) ou des yeux.  

Il y a également un risque rare concernant les amibes (des êtres vivants composés d'une seule cellule) qui n'ont pas de rapport avec une contamination fécale de l’eau. Les amibes apprécient les milieux humides, spécialement les eaux douces chaudes dont la température s’échelonne de 25°C à 40°C. La pratique de la baignade peut présenter un risque sanitaire lorsqu’elle s’effectue dans un tel milieu. Les amibes du genre Naegleria sont responsables de méningoencéphalite amibienne primitive, maladie très rare (un seul cas documenté en France sur les cinquante dernières années) mais mortelle dans environ 95 % des cas.  

En eau douce, les risques sanitaires peuvent également être liés à la présence de toxines libérées par les algues de la famille des cyanobactéries (souvent appelées algues bleues). Celles-ci se développent en particulier dans les eaux peu profondes, tièdes, calmes et riches en nutriments. Selon leurs types, les toxines sont, à certains seuils, susceptibles d'être à l'origine de troubles de nature et d'intensité variables tels que des gastro-entérites aiguës, voire des atteintes neurologiques. Ces troubles surviennent à la suite d'une ingestion ou éventuellement de l'inhalation d'eau contaminée.  

Au-delà de la contamination de l’eau par le baigneur lui-même, les pollutions des eaux de baignade sont le plus souvent dues à des dysfonctionnements des ouvrages de collecte et de traitement des eaux usées ou à des pluies importantes amenant des polluants par ruissellement sur les terrains en amont des baignades. Les pollutions chimiques sont identifiées dans le cadre de la surveillance quotidienne des eaux de baignade mise en œuvre par la personne responsable de la baignade (mairie ou gestionnaire privé).

Justement, comment est organisé le contrôle des eaux de baignade ? 

Le classement d’un site de baignade relève des dispositions fixées par la directive européenne. Conformément aux dispositions de la directive 2006/7/CE, les seuls paramètres réglementés sont les indicateurs fécaux de type Escherichia Coli et entérocoques intestinaux. Leur présence dans l’eau indique une contamination d’origine fécale plus ou moins forte en fonction des concentrations relevées. Ces germes microbiens ne constituent pas en eux-mêmes un danger pour les baigneurs aux seuils généralement relevés mais peuvent indiquer, par leur présence, celle simultanée de germes pathogènes. 

Néanmoins, le contrôle des paramètres microbiologiques réglementés peut être complété par l’agence régionale de santé (ARS) en ajoutant d'autres paramètres (pH, transparence, cyanobactéries, Ostreopsis, etc.) si le suivi en est jugé pertinent en raison d’une vulnérabilité connue du site de baignade ou d’un risque suspecté mis en évidence par son profil. Les résultats d’analyses correspondants ne sont toutefois pas utilisés pour classer la qualité de l’eau en fin de saison. Par ailleurs, lors des opérations de prélèvement d’eau à des fins d’analyse, il importe de continuer à réaliser un contrôle visuel global de l’environnement de la zone de baignade, afin d’identifier la présence éventuelle d’hydrocarbures ou de résidus goudronneux, de macroalgues, d’efflorescences phytoplanctoniques, de macrodéchets, de méduses, etc., lesquels peuvent aussi présenter un risque sanitaire et nécessiter des mesures de gestion adaptées.  

Le contrôle sanitaire des eaux de baignade effectué par l’ARS est à distinguer de la surveillance sanitaire des eaux de baignades effectuée par la personne responsable de l'eau de baignade. Cette dernière met en œuvre une surveillance visuelle quotidienne des eaux de baignade et une surveillance de paramètres, tels que les cyanobactéries, les macroalgues ou le phytoplancton marin, en cas de risque de prolifération de ces derniers, pendant la saison balnéaire.

Quelles sont les mesures prises en cas de pollution ? 

En cas de pollution à court terme, la personne responsable de l’eau de baignade met en place des procédures de gestion pour résorber la source de pollution et pour ne pas exposer les baigneurs à ces pollutions. L’une des principales mesures permettant de protéger les baigneurs en cas de pollution à court terme est la fermeture temporaire de baignade accompagnée d’une information du public. Un prélèvement de recontrôle doit rapidement être réalisé afin de confirmer la fin de la pollution à court terme. Ce recontrôle permet de s’assurer que la pollution est bien terminée et d’améliorer les règles de gestion des pollutions à court terme.  

En France, les seuils retenus par le ministère en charge de la santé pour qualifier ces pollutions correspondent aux valeurs limites proposées par l’AFSSET (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail, devenue Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), dans son rapport intitulé « Valeurs seuils échantillon unique pour les eaux de baignade : étude de faisabilité méthodologique » de septembre 2007 et rappelés ci-après :

– 660 UFC / 100mL (entérocoques intestinaux) et 1800 UFC / 100mL (Escherichia coli) pour les eaux douces ;
– 370 UFC / 100mL (entérocoques intestinaux) et 1000 UFC / 100mL (Escherichia coli) pour les eaux de mer.

Ces seuils sont une référence pour la mise en place, par la personne responsable de l’eau de baignade, de procédures de gestion des pollutions à court terme. Le responsable de l'eau de baignade et le maire, par avis motivé, peuvent décider de la fermeture préventive et temporaire du site de baignade en cas de danger susceptible d'affecter la santé des baigneurs, sous réserve d'informer le public des causes et de la durée de la fermeture.

Dans quelle mesure le public peut-il participer à la gestion des eaux de baignade et comment peuvt-il au mieux s'informer sur la qualité des eaux de baignade ? 

Les communes sont chargées de recenser chaque année les eaux de baignade situées sur leur territoire, qu’elles soient gérées par une personne publique ou privée. A cette occasion, elles doivent donner la possibilité au public d’exprimer son avis et mettent ainsi à disposition en mairie un registre pour recueillir les observations de la population estivale ou résidante. Le public est reconnu comme un acteur à part entière de la gestion de la qualité des eaux de baignade : dans ce cadre, l’application de la directive européenne conduit à informer largement le public et dans la plus grande transparence. S’agissant de l’information du public, les résultats d’analyses du contrôle sanitaire organisé par les ARS sont affichés à proximité des plages concernées. Des informations sont également données concernant les causes précises des éventuelles contaminations des eaux de baignade. En outre, le site du ministère chargé de la santé dédié aux eaux de baignade, http://baignades.sante.gouv.fr, donne accès à l’ensemble de ces résultats tout au long de la saison balnéaire et permet de connaître les résultats obtenus lors des saisons précédentes. Le site Internet fournit également des conseils utiles pour profiter de la plage en toute sécurité et prévenir tout type d’incidents pouvant survenir durant la saison balnéaire (noyades, déshydratation, affections dermatologiques, etc.).

Malgré les contrôles, comment se fait-il qu'il y ait eu en Corse en 2014 des personnes touchées par la bilharziose ? 

La bilharziose uro-génitale est une infection parasitaire due à des trématodes (vers plats) du genre Schistosoma. Elle est transmise à l’homme à l’occasion d’un simple contact cutané avec l’eau dans des plans et cours d’eau où vivent des mollusques gastéropodes d’eau douce, les bulins, infestés et libérant des larves dans l’eau. Le parasite responsable de cette maladie ne fait pas partie des paramètres règlementés du contrôle sanitaire. Un signalement de cas groupés de bilharziose autochtone en Corse du Sud, intervenu avant la saison balnéaire 2014, a été remonté aux autorités sanitaires. Des mesures de gestion et un suivi environnemental en Corse ont été mis en place sur plusieurs sites de baignade et un arrêté préfectoral en date du 16 juin 2014 avait interdit la baignade durant la période estivale 2014 dans la rivière du Cavu. Suite à cette interdiction, aucun cas de bilharziose uro-génitale en lien avec une baignade dans le Cavu n’a été recensé en 2014. La baignade a de nouveau été autorisée en 2015. En février 2016, deux nouveaux cas de bilharziose uro-génitale ont été signalés en lien avec des baignades dans le Cavu durant l’été 2015. La baignade est de nouveau autorisée pour la saison balnéaire 2017, des mesures d’information et de sensibilisation ont été mises en œuvre par le niveau local, afin de limiter l’apparition de nouveaux cas de bilharziose.

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