Prothèses PIP – « Atteinte d’un cancer du sein… Victime d’une prothèse PIP »

Elle a subi une ablation du sein en 2008 suite à un cancer. Dans le même temps, le chirurgien lui implante une prothèse PIP qu’elle devra se faire enlever en 2011. Le témoignage de Paulette Pons, aujourd’hui âgée de 67 ans, qui peu de temps après l’ablation de son implant a appris… la récidive du cancer.

J’ai subi une mammectomie en 2008, avec une reconstruction immédiate, suite à un cancer du sein, après avoir reçu tous les traitements de rigueur, dans ce cadre : chimiothérapie, radiothérapie, traitement anti hormonal…

Je pensais avoir laissé derrière moi toutes ces épreuves, lorsqu’en 2010 je consultais mon chirurgien pour une douleur et une gêne sous le sein et sous le bras. Celui-ci me rassurait, en me laissant entendre que c’était normal.

Quelques temps après, je recevais une lettre de l’établissement hospitalier où j’avais subi mon intervention, m’annonçant que j’étais porteuse d’une prothèse PIP, que le suivi médical qu’il convenait d’adopter était une échographie tous les ans. Très inquiète, je téléphonais dans le service où une secrétaire m’indiquait qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, que cette information était de nature réglementaire, mais qu’il n’y avait aucun danger.

« Comme beaucoup de femmes victimes, j’ai essayé de me défendre »

Mon inquiétude ne cessait de croître, face aux informations véhiculées par les médias. Je demandais donc conseil à mon médecin traitant, qui me prescrivait une IRM. Hélas, cet examen révélait un suintement de la prothèse et une poche de liquide qui s’était répandue jusque sous l’aisselle.

Mon médecin traitant m’a orientée vers le centre de cancérologie, où j’ai été prise en charge, et ma prothèse explantée en janvier 2011. Suite à quoi, le chirurgien a confirmé ce que l’imagerie avait mis en évidence, c’est à dire un suintement important de la prothèse qui s’était retournée dans sa loge.

J’ai subi de nouveaux contrôles radiographiques et échographiques, qui ont laissé apparaître plusieurs ganglions inflammatoires, partant du sein et remontant jusqu’à la carotide. Après biopsie, ces ganglions se sont révélés cancéreux.

« J’ai très vite compris qu’il n’y aurait aucune suite à toutes mes actions »

Depuis, je suis en chimiothérapie orale, traitement qui s’avère efficace, puisque les ganglions ont disparu. Mais je fais l’objet d’un suivi très lourd et très régulier, ce qui rajoute à mon état de fatigue et de stress permanent.

Alors, bien sûr, comme beaucoup de femmes victimes de cette lamentable escroquerie, j’ai essayé de me défendre. En premier lieu, j’ai adhéré à l’association PPP, mais cette dernière (qui a mené un combat remarquable) s’intéressait davantage aux femmes qui avaient subi une intervention à visée esthétique, et qui avaient dû financer le remplacement de leurs prothèses.

Je me suis ensuite tournée vers l’hôpital où j’avais subi ma première intervention. Je tiens à préciser que j’étais représentante des usagers dans cet établissement. J’avais exprimé le souhait, auprès du directeur, que toutes les femmes qui avaient subi une reconstruction avec l’implantation d’une prothèse PIP soient immédiatement revues et réopérées.

« Une hypothétique indemnisation ne me rendra pas la santé »

Bien sûr, le Directeur a tenu sa position institutionnelle de circonstance, en me répondant que la décision d’explantation n’était (à l’époque) prise qu’en présence de signes cliniques évocateurs d’une altération de l’implant, qu’il n’y avait aucune urgence, et qu’il n’existait aucun Lien entre la prothèse PIP et une récidive de cancer, même s’il y avait eu rupture de la prothèse. J’ai encore écrit à l’Afssaps (devenue depuis l’ANSM) pour signaler mon cas, au titre de la matériovigilance.

Cette instance m’a répondu en enregistrant ma déclaration sous un numéro. Malheureusement, j’ai très vite compris qu’il n’y aurait aucune suite à toutes mes actions, et je n’ai pas engagé de procédure, en me portant partie civile.

Quand bien même, au delà des frais de justice que cela aurait engendré, une hypothétique indemnisation ne me rendra pas la santé. Je garde pour moi la souffrance morale que j’ai traversée, ainsi que celle de ma famille. J’ai désormais envie de laisser cela derrière moi et d’essayer de regarder l’avenir avec plus de sérénité.

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