Prothèses PIP – Les patientes au milieu du gué

Un dossier de la rédaction de 66 Millions d’Impatients

Indemnisation, prise en charge, dépassements d’honoraires… L’affaire des prothèses PIP n’a pas fini de faire couler l’encre. 66 millions d’impatients a enquêté et fait le point sur cette affaire qui continue d’empoisonner ses victimes.

Si la tromperie des implants défectueux de la tristement célèbre société varoise Poly Implant Prothèse (PIP) est avérée, elle est encore loin d’être réparée. Sur environ 30 000 femmes concernées, moins de 10 000 ont obtenu d’être indemnisées. Et encore pour un montant presque symbolique dont elles ne sont pas prêtes de voir la couleur.

Quelque 12 000 victimes ne se sont par ailleurs pas encore débarrassées de leurs prothèses. Sauf en cas de fuite du ou des implants, l’intervention de reprise ne présente pas un caractère d’urgence. Elle est remboursée par l’Assurance maladie pour tout ou partie mais sur la base des tarifs de la Sécurité sociale. Autrement dit, des dépassements d’honoraires sont possibles et sont dans les faits fréquemment observés.

Le lent chemin de la réparation

Pour l’Association de défense des porteuses de prothèses PIP (Association PPP), le nombre encore élevé de femmes n’ayant pas procédé à l’extraction de leur(s) prothèse(s) s’explique en bonne partie par les tarifs pratiqués. Les instances représentatives des chirurgiens esthétiques se sont engagées à ce que les professionnels modèrent leurs tarifs. Les chiffres inédits que 66 millions d’impatients se sont procurés montrent, même s’ils sont incomplets, que cet engagement a été tenu… dans certains établissements en tout cas.

Plus de 14 années se sont écoulées après que la société PIP a transmis à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps, aujourd’hui rebaptisée ANSM – Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) ses certificats de conformité européenne, obtenus auprès de l’organisme allemand TÜV Rheinland, pour la mise sur le marché de ses prothèses mammaires.

Près de 10 années auront été nécessaires avant que la fraude soit remarquée. Combien de temps encore pour que les victimes puissent enfin passer à autre chose ?

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