Santé des étudiants : quelles difficultés et comment les contourner

La Smerep, une des principales mutuelles étudiantes, publie aujourd’hui les résultats d’une étude sur la santé des jeunes gens inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur qui montre que ces derniers font face à différents obstacles liés notamment à leur précarité financière. L’occasion pour la rédaction de 66 Millions d’IMpatients de rappeler à ses jeunes lecteurs et lectrices les meilleures options qui s’offrent à eux pour accéder à des soins de qualité sans se ruiner.

Les étudiants vont bien mais… Une étude menée auprès de 1000 jeunes gens inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur par la Smerep, une mutuelle étudiante, dresse un portrait en demi-teinte de l’état de santé de cette population.

Manque de sommeil, mauvaise hygiène alimentaire, stress voire état dépressif… cette étude réalisée en ligne du 19 avril au 21 mai dernier et publiée le 28 juin montre qu’une part non négligeable des jeunes gens témoigne de problèmes de santé qu’on attribuerait plus intuitivement aux populations d’actifs.

Une population particulièrement précaire financièrement

Commençons par l’alimentation… Seulement 46 % des étudiants font attention à ce qu’il mange et 93 % grignotent entre les repas par gourmandise ou parce qu’ils ont sauté un repas. Près de 6 personnes interrogées sur 10 se trouvent dans ce cas de figure, le petit-déjeuner étant le plus fréquent à passer à la trappe. Les raisons principales sont le manque d’appétit (65 %), de temps (55 %) ou parfois même d’argent (19%).

La précarité financière est une raison souvent invoquée par les étudiants pour expliquer l’adoption d’habitudes délétères pour la santé. Il faut dire que la situation financière des étudiants est loin d’être confortable puisqu’ils déclarent disposer en moyenne d’un budget mensuel de 382 € (dont la moitié provient des parents). Un quart de ce budget est consacré à la nourriture et 20% au logement.

Plus de la moitié des personnes sondées indique rencontrer des difficultés financières plus ou moins régulièrement dans l’année. Conséquence, seulement 3 étudiants sur 10 consultent un médecin spécialiste en cas de besoin. Le coût des consultations arrive en troisième position des raisons avancées par les jeunes gens ne consultant pas, le délai d’attente et l’obligation de passer par un médecin généraliste constituant les deux principales causes de renoncement.

Des jeunes gens stressés, voire carrément déprimés

Autre sujet de préoccupation mis en évidence par ce sondage : la majorité des étudiants rencontrent des problèmes de sommeil liés au stress, principalement des difficultés d’endormissement, des réveils nocturnes ou des insomnies. Plus inquiétant encore, 6 étudiants sur 10 déclarent s’être déjà sentis submergés par leur quotidien et 22 % ont été confrontés à des pensées suicidaires.

Parmi les enseignements de ce sondage, soulignons également que plus de 90% des étudiants expriment des attentes en matière de prévention, les principales étant d’être informés (65%) et de pouvoir échanger afin de poser des questions (52%). « Les sujets qui intéressent les étudiants concernent en premier lieu la gestion du stress, la dépression et les problèmes psychologiques ou encore le sommeil ». Rien d’étonnant au vu des difficultés quotidiennes que les intéressés décrivent.

Quelles sont les structures auxquelles les étudiants peuvent s’adresser en cas de besoins en matière de santé ? En ville, mieux vaut privilégier les médecins libéraux exerçant en secteur 1 qui sont tenus de respecter les tarifs fixés par la Sécurité sociale contrairement aux médecins de secteur 2 qui peuvent pratiquer des dépassements d’honoraires que l’Assurance maladie ne prend pas en charge.

Comment accéder plus facilement aux soins ?

Pour obtenir une prise en charge sans souffrir des délais qu’affichent certaines spécialités, il est aussi possible de s’en remettre à son médecin généraliste ou à un professionnel paramédical. Nombre de femmes confient ainsi leur suivi gynécologique à une sage-femme ou à leur médecin traitant.

Dans un communiqué publié en décembre 2017, le syndicat médical MG France rappelait à ce sujet que « les médecins généralistes réalisent aujourd’hui la majeure partie des actes de soins apportés aux femmes. Pour ces médecins généralistes qui sont de plus en plus souvent des jeunes femmes parfaitement formées durant leurs études universitaires à ces actes courants, les prescriptions de contraception ou encore la réalisation de frottis cervico-utérins constituent une part importante de leur activité ».

En cas de pénurie de spécialistes ou de concentration trop élevée de médecins de secteur 2 privilégiez les structures publiques. Pour un suivi gynécologique ou encore obtenir une ordonnance pour des contraceptifs sans passer par la case médecine de ville, par exemple, les femmes ont ainsi le choix d’opter pour le planning familial. Retrouvez sur le site du Planning familial, le centre de planification à proximité de chez vous.

Focus sur les centres de santé universitaires

Le recours aux spécialistes de l’hôpital ne permet pas forcément de diminuer le temps d’attente. Ça vaut quand même le coup d’essayer : ponctuellement sur certains territoires, l’accès aux spécialistes hospitaliers peut être plus rapide. Et il sera en principe indolore pour le portefeuille ! En principe, seulement, car à l’hôpital un petit nombre de praticiens est susceptible de facturer des dépassements d’honoraires lorsqu’on les consulte dans le cadre de leur activité privée à l’hôpital… attention donc malgré tout au moment de la prise de rendez-vous, si on vous le propose plus rapidement en passant par la consultation privée il faut bien demander que vous soit précisé le coût de cette consultation et vous pouvez toujours exiger d’être reçu dans le cadre de l’activité publique du médecin où la file d’attente est en revanche souvent plus longue.

A noter enfin que chaque université dispose d'un Service universitaire de Médecine préventive et de Promotion de la Santé (SUMPS). Chacun d’entre eux propose des bilans de santé gratuits pour les étudiants. N'hésitez pas à répondre aux convocations que vous recevrez éventuellement ou à prendre rendez-vous pour faire ce bilan de santé.

De nombreux services de santé universitaire proposent, en plus des bilans de santé, des consultations gratuites (contraception, diététique, psychologie, vaccination et dépistages, etc.). « Dans de nombreux cas, précise-t-on sur le site du ministère de l’enseignement supérieur, ces services ont ou sont en lien avec un Bureau d'Aide Psychologique Universitaire qui permet d'accéder gratuitement à des consultations de psychothérapie et de psychiatrie ».

Pensez à déclarer rapidement un médecin traitant

Près de la moitié de ces services offrent également la possibilité aux étudiants d’une prise en charge de premier niveau avec des consultations de médecine générale, de gynécologie ou encore de médecine spécialisée.

Les médecins exerçant dans ces structures pratiquent le tiers payant. Autrement dit, le jeune patient n’a qu'à régler la part complémentaire qui n’est pas remboursée par la Sécurité sociale (un peu moins de 7,50 € pour une consultation, par exemple). Précisons que les étudiants peuvent déclarer un des médecins du centre comme référent de son parcours de soin (médecin traitant). Attention : cette étape est nécessaire afin de bénéficier d’un remboursement optimal de ses soins.

Les coordonnées de chacun de ces centres peuvent facilement être obtenues en ligne. Retrouvez également dans nos colonnes une enquête récente sur la protection sociale des étudiants dans laquelle nous nous sommes plus particulièrement intéressés aux conseils à suivre pour choisir une complémentaire santé au moment de démarrer ses études.

Sexualité : les étudiants peu prudents et mal informés
En matière de sexualité, les résultats de l’étude commandée par la Smerep montrent qu’il y a encore du chemin à faire au chapitre de la prévention et de la protection. Qu’on en juge : seulement 35% des étudiants se font dépister en cas de changement de partenaire et un quart des étudiants ne le font jamais.
« Par ailleurs, pointent les auteurs de cette étude, de fausses croyances persistent concernant le VIH ». Plus de 20% des répondants ne sont pas au clair sur les modes de transmission du virus estimant par exemple que l’infection peut avoir lieu après une poignée de main ou encore que les moustiques constituent un vecteur potentiel de transmission.

Chiffre clé : 43 %
Tel est le taux de vaccination des étudiantes françaises contre le papillomavirus humain potentiellement responsable du développement du cancer du col de l’utérus. Parmi les 550 étudiantes interrogées, 15 % indiquent ne pas avoir recouru au vaccin mais envisagent de le faire plus tard. A contrario, plus de 4 étudiantes sur 10 n’en ont aucune intention, soit parce qu’elle ne se sentent pas concernées (9%), parce qu’elles n’ont pas entendu parler de cette possibilité de vaccination (7 %) ou bien simplement qu’elles n’ont pas confiance en ce vaccin (26 %).

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