Soins à l’étranger : ce qu’il faut savoir avant de partir

Les soins inopinés qui doivent être réalisés à l’étranger peuvent coûter très chers aux infortunés voyageurs, notamment s’il est question d’hospitalisation. Si vous souhaitez partir en toute sécurité, faites le point sur les assurances dont vous pourriez bénéficier en plus de la prise en charge par la Sécurité sociale et votre complémentaire. Et plus particulièrement sur celles qui sont adossées à vos cartes de crédit.

Les soins engagés par des ressortissants français lors d’un séjour à l’étranger peuvent être pris en charge tout ou partie par l’Assurance maladie. Dans certains cas, même, l’infortuné vacancier n’aura rien à avancer.

En 2015, les Français ont dépensé plus de 215 millions d’euros dépensés pour se soigner hors de l’Hexagone, selon le Centre national des soins à l’étranger (CNSE), une structure hébergée par la caisse primaire de Vannes (56) chargée du remboursement des soins à l’étranger pour les assurés du régime général. Sur ce montant, l’Assurance maladie a remboursé 141 millions d’euros.

C’est un sujet que nous avons déjà abordé dans nos colonnes. Dans cette fiche pratique, par exemple,  sur l’utilisation de la carte européenne d’assurance maladie, ou encore dans notre enquête publiée en juillet 2014 à propos de la marche à suivre afin de se faire rembourser des soins engagés à l’étranger.

Dispense d’avance dans les établissements publics

La Carte européenne d’Assurance maladie atteste des droits à la protection sociale de l’assuré dans son pays d’origine. Elle permet à ce dernier de bénéficier d’une prise en charge des soins réalisés dans l’un des 31 États de l’espace économique européen (EEE, soit les 28 membres de l’Union européenne, l’Islande, le Lichtenstein et la Norvège) ainsi qu’en Suisse. Les soins pris en charge par le système de protection sociale d’un pays sont ensuite remboursés par celui dont dépend chaque patient.

« En 2015, près des deux tiers des dossiers traités et 84 % des remboursements versés concernent des soins au sein de la zone UE-EEE-Suisse », selon le CNSE. En principe, donc, l’assuré ne paye que la part qui reste éventuellement à sa charge. Jusqu’ici, rien de nouveau. Que le périmètre d’action de cette carte s’arrête, dans les textes, aux seuls établissements ou autres structures de soins publics est un fait moins connu.

Clara, une jeune française l’a appris à ses dépens il y a quelques jours. En vacances sur la côte espagnole, elle a dû consulter un médecin pour des douleurs persistantes à l’oreille. « Je suis rentrée dans le premier cabinet que j’ai découvert, témoigne-t-elle. La consultation a duré 5 minutes et m’a été facturée 40 €. Quand j’ai tendu ma carte européenne, le médecin m’a répondu qu’il ne la prenait pas et que je serai remboursée à mon retour ».

Certains soins remboursés au retour seulement

L’explication est simple et le professionnel de santé la lui a fournie : en sa qualité de médecin libéral, il n’est pas tenu d’accepter la carte. Charge donc à Clara de conserver les justificatifs de paiement de cette consultation (et des médicaments prescrits) et de les envoyer à sa caisse primaire à son retour de séjour. Le tout, accompagné du formulaire Cerfa S-3125, disponible au téléchargement sur le site de l’Assurance maladie.

Le cas est fréquent en Espagne particulièrement, rapporte-t-on au CNSE. « Le système de santé public est très engorgé. Il n’est pas rare que les patients soient réorientés vers le privé. Non seulement ils ne peuvent pas bénéficier de l’avance de frais mais en plus ils se voient facturer les soins beaucoup plus chers ». Sur certains actes, la différence de tarif va du simple au quadruple.

On conseille donc, avant d’engager les soins, a fortiori si la facture s’annonce salée, de vérifier que la carte européenne est acceptée. Le portefeuille de Clara se remettra probablement des 40 € que lui a coûtés la consultation. En cas d’hospitalisation, le reste à charge est susceptible, nous l’écrivions déjà l’été dernier, d’être beaucoup plus élevé. C’est vrai en Espagne mais aussi dans tous les autre pays qu’ils fassent partie de l’EEE ou non.

Des restes-à-charge qui donnent le tournis

Invité à fournir des exemples, le CNSE cite le cas d’une hospitalisation de 7 jours en Espagne consécutive à une fracture du fémur dont le coût s’est élevé à 28 856 €. Elle n’a été remboursée par l’Assurance maladie qu’à hauteur de 5 115 €. Autre exemple, celui de ce patient victime aux Etats-Unis d’un infarctus du myocarde qui a nécessité un séjour à l’hôpital d’un peu moins d’une semaine. Montant de la facture : 55 914 € pour un remboursement d’à peine 1 750 €.

Outre-Atlantique, toujours, un autre assuré a perdu connaissance et s’est fait hospitaliser pendant une journée. Il lui en a coûté plus de 10 000 €. A son retour en France (hors des pays qui acceptent la carte européenne, les frais des soins sont à régler sur place), l’Assurance maladie lui a remboursé… 410 €. Mieux vaut donc souscrire avant le départ un contrat d’assurance prévoyant la prise en charge des frais que l’Assurance maladie ne rembourse pas. Ou vérifiez que vous ne bénéficiez pas de garanties spécifiques via notamment votre carte de crédit.

« En vacances, peut-on lire dans une enquête consacrée au sujet publiée durant l’été 2015 dans les colonnes de 60 millions de consommateurs, les cartes bancaires ne servent pas qu’à dépenser de l’argent. Elles incluent des garanties souvent méconnues, mais précieuses pour faire face aux grosses galères et aux petits pépins pouvant survenir en voyage ».

Le point sur les garanties des cartes de crédit

Avance de frais médicaux, rapatriement, prise en charge des frais de transport d’un proche en cas d’hospitalisation, urgence dentaire… Les garanties proposées sont d’autant plus intéressantes que le niveau de gamme de la carte est élevé. C’est ainsi que la carte Visa propose une prise en charge des frais médicaux pouvant aller jusqu’à 11 000 € là où le plafond de couverture de sa grande sœur, la Visa Premier, atteint 155 000 €.

Autre exemple, chez MasterCard, la carte classique couvre les enfants à l’unique condition qu’ils accompagnent son titulaire pendant le voyage. La carte Gold, plus haut de gamme, permet aux ayant droit du titulaire de bénéficier de l’assurance même s’ils voyagent seuls.

A noter qu’en règle générale, l’activation des garanties relevant de l’assistance (rapatriement, avance des frais médicaux, visite d’un proche en cas d’hospitalisation) n’est pas conditionnée au paiement du séjour par la carte de crédit. Les garanties d’assurance (versement d’un capital en cas de décès ou d’invalidité par exemple) ne sont en revanche valides que si la carte a été utilisée pour le règlement de tout ou partie du voyage. On conseille vivement de prendre contact avec l’assureur avant le départ afin de faire le point sur les garanties et sur les conditions dans lesquelles elles s’appliquent.

Contactez votre assureur avant d’engager les soins

Autre précision importante : en cas de pépins à l’étranger nécessitant des soins, une hospitalisation notamment, contactez rapidement – ou faites contacter – le numéro se trouvant au dos de la carte (disponible 7j/7 et 24h/24). Les assureurs n’aiment pas être mis devant le fait accompli.

Confirmation de 60 millions : « il faut contacter le service d’assistance et obtenir son accord avant de prendre toute initiative ou d’engager toute dépense », précisent en chœur les contrats des 6 cartes que « 60 » a épluchés.

Selon le cas de figure, la société émettrice de la carte de crédit peut préférer l’option rapatriement ou encore préférer aiguiller le patient vers un établissement partenaire. Le conseil n’est pas vain : l’assureur peut en effet décider de ne pas activer ses garanties si le voyageur ne s’est pas manifesté en amont des soins. Nombre de litiges entre assurés et assureurs trouvent leur origine dans cette cause.

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