Témoignage Moi(s) sans tabac : « Cette opération nationale m’a servi de déclic »

arrêt du tabac, de la dépendance à la cigarette

Nous arrivons au terme de la campagne de santé publique autour du « Moi(s) sans tabac », qui s’est déroulée tout au long du mois de novembre pour sensibiliser l’ensemble de la population à l’arrêt du tabac.

Après les témoignages de Marie-Astrid, en sevrage depuis 6 semaines, de Jean qui a malheureusement craqué au bout de 2 mois et de Juliette qui n’a pas touché une cigarette depuis 10 mois, c’est Muriel qui nous livre cette semaine son expérience pour dire adieu au tabac.

Muriel, 38 ans, fumeuse depuis l’âge de 20 ans.
En sevrage depuis 3 semaines
Muriel est coordinatrice dans une association.

Aviez-vous déjà réussi à arrêter de fumer au cours de votre vie ?

J’ai tenté d’arrêter 3 fois ! La première fois a duré 1 an et demi. J’avais arrêté toute seule à la suite d’une grosse grippe qui m’avait empêché de fumer. La deuxième fois, j’avais réussi à tenir 6 mois après une séance d’acupuncture. La troisième fois a été très courte, j’avais utilisé à nouveau l’acupuncture car j’avais été satisfaite la fois précédente, mais c’est tombé au moment des attentats de Charlie, et cette fois-là, ça n’a pas vraiment fonctionné.

Pourquoi aviez-vous repris les deux premières fois ?

La cigarette est quelque chose d’assez festif pour moi, et la première fois j’ai repris alors que j’étais en vacances, l’été, sereine en terrasse… on se dit que c’est juste une petite cigarette et que ça va aller, mais en fait on replonge… La deuxième fois c’est le contraire, j’ai repris car je traversais une période difficile sur le plan personnel.

Lors de ces périodes sans cigarette, preniez-vous des substituts ?

La première fois je fumais la cigarette électronique. J’ai été parmi les premières utilisatrices en France d’ailleurs.

Cette fois qu’est-ce qui a motivé l’arrêt de la cigarette ?

Je travaille dans le milieu associatif autour de la santé, donc j’avais entendu parler du « moi(s) sans tabac » assez tôt avant son lancement et je me suis dit que j’allais en profiter pour arrêter à nouveau. En outre, mes parents ont tous deux été malades, en partie à cause de la cigarette, et ils ne sont plus là aujourd’hui. Je voulais rompre avec ce schéma familial. Enfin, l’un de mes amis est décédé l’an dernier d’un cancer du poumon et je lui ai promis que j’arrêterai de fumer dans l’année. Il était donc temps.

Vous avez donc eu recours à une méthode particulière d’aide au sevrage ?

Ainsi que je le disais, j’ai entendu parler du « moi(s) sans tabac » dès le mois d’août et c’est alors que j’ai pris rdv avec un hypno-thérapeute que l’on m’a recommandé. J’ai programmé mon rendez-vous pour début novembre afin que cela coïncide avec l’opération « moi(s) sans tabac ». J’avais besoin d’avoir un temps où je déterminais que j’arrêtais.

Vous souvenez-vous de votre dernière cigarette ?

Oui, j’ai fumé ma dernière cigarette dans la rue, devant l’immeuble du thérapeute. J’y suis allée avec une amie qui m’a prise en photo en train de la fumer. Avant la consultation, je n’avais pas réduit le nombre de cigarettes… Les jours précédents, je me suis adonnée avec angoisse à mon vice.

Pourquoi avoir choisi l’hypnothérapie ?

Pour être honnête, j’avais besoin d’un accompagnement, mais je ne sais pas trop si l’hypnothérapie est plus ou moins efficace que l’acupuncture que j’avais déjà essayée auparavant. Il y a une partie de moi qui avait aussi peut-être besoin de dépenser beaucoup d’argent pour arrêter de fumer puisque la séance d’hypnothérapie m’a quand même coûté 160€. Franchement je n’arrive pas à savoir ce qui est déterminant dans la réussite de ce sevrage : est-ce ma volonté, est-ce le fait d’avoir dépensé 160€ et de me convaincre à quel point il serait ridicule de rependre la cigarette le lendemain, ou est-ce l’efficacité de la méthode thérapeutique ? Toute aide est une aide et je crois au cadre qui entoure l’action du sevrage, mais je ne saurais pas dire ce qui marche sur moi et comment ça marche (ou pas !).

Comment s’est déroulée la séance d’hypnothérapie ?

Il s’agissait d’un médecin généraliste qui pratique l’hypno-thérapie. J’ai pu lui parler de mon addiction, de mes motivations à arrêter. La séance en elle-même n’est pas un moment agréable. Il essaye de vous détendre mais à un moment il faut qu’on rentre dans le vif du sujet et forcément il vous fait voir des choses plutôt dégoutantes. En outre, pour moi, la cigarette est liée à des moments de détente, comme fumer entre amis, avec un bon café, seule après une grosse journée. On sait que l’on va devoir se passer de tout ça et c’est un peu angoissant.

La séance a duré environ une heure et j’ai réussi à me détendre puisque je me suis sentie m’endormir par moments. Le problème est que j’étais réveillée par le bruit des doigts du médecin qui tapotait sur son clavier. Au prix de la consultation, j’ai trouvé cela assez inapproprié qu’il fasse ses mails pendant l’hypnose.

Je pense pourtant que quelque chose s’est opérée car je suis véritablement dégoutée de la cigarette, de son odeur.

J’ai quand même un autre sujet de déception par rapport à ce médecin, c’est qu’il ne m’a proposé aucun suivi. Encore une fois, pour le prix, je trouve cela un peu dommage.

Comment vous sentez-vous depuis cette consultation ?

Je me sens bien. J’ai retrouvé l’odorat très vite… Du coup je me rends compte que les fumeurs sentent particulièrement mauvais ! J’en ai profité pour laver mes manteaux, mes écharpes… Il me reste à laver mes rideaux car je fumais chez moi.

J’ai des envies de fumer qui sont terribles, mais ça passe. Je compense avec des chewing-gums. Pour le reste, je ne mange pas plus qu’avant et je n’ai pas pris de poids, en revanche, j’ai très peur d’être déprimée. Mon moral est bon pour l’instant, mais jusqu’à quand ?

Vos proches vous aident-ils ?

Oui, et mes proches me disent qu’ils ne me trouvent pas plus pénible qu’avant, ce qui est encourageant… Cela dit je dois avouer que j’ai une nature agitée de toute façon !

C’est étrange mais cela m’agace un peu quand les gens me disent que c’est formidable que je sois en sevrage et qu’ils l’associent à un combat. Ça met la pression !! En outre, donner l’impression qu’un fumeur qui parvient à arrêter est un super héros, je trouve cela décourageant pour tous les fumeurs qui n’y arrivent pas.

En tout cas, pour moi, l’entourage est important car l’une de mes astuces quand j’ai une envie de cigarette, si je suis avec quelqu’un, c’est de pouvoir lui dire. Cela me libère d’exprimer sur le moment mes envies de cigarette.

Quelles sont vos autres astuces ?

J’avale un chewing-gum ou un grand verre d’eau et je me force à me concentrer sur mon travail. Je ne prends aucun substitut, l’hypno-thérapeute a bien insisté sur ce point.

Que pensez-vous de l’opération « Moi(s) sans tabac » qui se déroule en ce moment ?

Je me suis inscrite et j’ai simplement reçu un mail au début. Je m’attendais à davantage d’interactions mais peut-être fallait-il que je sois moi-même plus pro-active sur le site. Dans tous les cas, cela a enclenché un déclic chez moi et c’est déjà très bien !

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